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Entretien >

 

Cette Semaine, Idé MAVA / Styliste
 

De quoi a-t-il peur ?

Cet homme n'aime pas les téléphones portables..

 

 

Cet homme n'aime pas les téléphones portables et il ne les utilise pas non plus. Pourtant, personne n'ignore aujourd'hui l'utilité du téléphone mobile. Mieux, notre invité évolue dans le monde des affaires. Styliste de profession, Idé MAVA dit ne pas savoir pourquoi il n'utilise pas cet outil si précieux et si pratique de nos jours. Monsieur MAVA a un téléphone fixe au bureau et cela lui suffit. Mais de quoi a-t-il peur ? de rien ! Nous a-t-il répondu. Quelle histoire…!

Idé MAVA fait-il partie de cette catégorie  de gens que les enfants appellent couramment "Anciens " ?  Apparemment pas !

En attendant qu'un psychologue nous éclaire sur la question, Idé MAVA, à travers cet entretien promet de se conforme, posséder un téléphone mobile comme tout le monde :

Idé MAVA (I.Mava.) : Je me nomme  Ady Idé à l'état civil:  Je suis styliste et ma collection est exclusivement masculine. Idé MAVA, c'est ma " Griffe " et mon nom d'artiste aussi.

Oui c'est vrai que le portable est un outil très important pour le travail. Mais moi-même, je ne sais pas pourquoi je ne l'utilise pas ; et je ne peux pas non plus vous dire pourquoi je ne l'utilise pas. Est-ce une manère pour moi de me sentir plus libre ? peut-être !. Sinon je n'ai rien contre les technologies, les inventions. Je crois qu'à la longue, je vais finir par l'utiliser pour me conformer aux autres.. Mais ce serait uniquement pour ma famille pour qu'elle puisse me joindre en cas de besoin.

 

Artistebf (Art) : Mr Mava , pour commencer faites nous la différence entre styliste et couturier. Qui est styliste et qui est couturier ?
I.Mava. : Un styliste c'est celui qui conçoit, qui donne une autre forme à une matière.Le stylste peut, à partir d'un tissu créer des décorations intérieures, créer du design (mot anglais) pour un canapet. Le couturier, quant à lui, fait la confection.

 

Art : Décrivez nous votre travail ; de l’origine de vos matières premières jusqu’à la finition.

I.Mava. : Comme tous les autres stylistes, je travaille sur la base du coton, du pagne, et du faso dan-fani  pour toutes mes créations. Vous remarquerez également que je ne fais que des chemises. Les pantalons et les créations féminines sont moins présents dans mon magasin.

 

Art :Comment s'habiller classe ; faut-il forcément marier le teint à la couleur de la tenue ?

I.Mava. : Sur cette question les avis sont partagés ! Je prends un exemple terre à terre. Si vous êtes foncés et que vous portez du foncé, on ne vous verra pratiquement pas bien. En Afrique particulièrement, on est tous habillés en costume foncé. Je me suis toujours demandé pourquoi nous aimons les costumes foncés puisqu'on est noir déjà. L'européen a crée le costume foncé parce qu’il a voulu l’adapté à son teint et quand il le porte, il est bien assorti; on le voit bien. Mais en Afrique, nous ne faisons pas attention à ce détail. C'est vrai que nous n'avons pas souvent le choix parce que nos costumes proviennent généralement de l'extérieur et sont pour la plus part adaptés à la peau blanche. Quand ces tenues arrivent, nous en consommons sans discernement c'est-à-dire sans tenir compte de la couleur notre peau.

Je ne sais pas ce qu'en pensent les autres stylistes mais ceci est mon point de vue. Si vous êtes de teint clair par exemple, vous pouvez choisir une tenue noire ou un peu sombre. Si par contre vous êtes de teint noir, il faut éviter de vos assombrir davantage avec un costume noir. Il faut toujours trouver des couleurs qui vont avec votre teint. Le bleu-clair par exemple va bien avec les africains. Dans tout ça, ce sont les femmes qui sont les plus "gâtées". En afrique, le fait que les femmes aiment les pagnes, elles ont plus de chances de trouver les couleurs qui leur vont bien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

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Art : Que pensez-vous de la réaction de cette dame qui dit que « Les stylistes sont souvent très fantaisistes ; ils cousent et présentent des tenues pour le plaisir seulement des yeux parce que certaines tenues sont trop extravagantes pour être des tenues de sorties.

 

I.Mava. : D'abord, il faut que cette Dame sache qu'un styliste est un fou parce que si on n'est pas fou, on ne peut pas créer. C'est la même chose pour le peintre qui prend des mois ou des années pour faire un tableau; il faut être fou pour créer ou pour être un styliste. C'est vrai qu'on fait des tenues extravagantes parce que c’est l’occasion pour nous de faire valoir aussi notre talent de "designer"


Art : Quels types de tenue conseillez-vous à vos clients en ce mois d'avril ?
I.Mava. : Il faut Porter des tenues légères parce qu'en avril au Burkina, il fait très chaud. Les tenues claires aussi sont bien indiquées pendant cette période. Evitez de portez du foncé quand on est amén à rester longtemps sous le soleil parce que le foncé garde la chaleur. Si vous avez des activités qui vous mainteinnent longtemps sous le soleil, il est conseillé de porter des tenues claires, légères et  en coton surtout pour moins transpirer.

 

Art : Aujourd’hui quelles pourraient être les difficultés  du styliste et comment voyez-vous leur solutionnement ?

I.Mava. : L'une de nos difficultés majeures est l'écoulement des produits. Comment faire pour permettre aux stylistes africains et burkinabés en particulier de pouvoir créer, transformer  et distribuer leurs produits à l'échelle nationale et internationale. Evidemment, pour arriver à cette fin, une véritable concertation entre tous les acteurs du circuit est nécessaire: stylistes, distributeurs et consommateurs. Par contre je ne dis pas forcément qu'il faut consommer burkinabé ; non !  il faut plutôt consommer ce qui est meilleur. Il faut qu'à partir de nos matières locales, les stylistes burkinabé fassent preuve d'ingéniosité pour produire de la qualité à même de concurrencer les produits venant de l'extérieur. Mais je ne peux pas vous dire : "consommons burkinabé" parce que ça n'incite pas le styliste à aller de l'avant. Autrement dit, l'idée de consommer burkinabé n’est pas mal non plus  parce que ça crée de l'emploi, ça permet d'utiliser notre matière locale mais il faut aussi et surtout que nous produisons de la qualité.

Avril 2010

 

 

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