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Entretien >

 

Gérard T. HIEN Couturier-Modéliste
 

 

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Je suis couturier modéliste, spécialisé dans la confection des tenues traditionnelles DAGARA. Ceux qui  connaissent bien les tenues DAGARA. dans les années antérieures savent qu'il y a eu de l'innovation. Il s'agit particulièrement des designs que je crée personnellement dans le but de répondre au goût des uns et des autres et d'être aussi en phase avec le besoin du moment. Nous sommes à  Ouagadougou sur  l'Avenue BABANGUIDA.

Artitebf (Art.): Quels types de coupes proposez-vous aux clients ?
Gérard : Nous proposons des tenues homme, femme et enfant. Tout le monde peut s'habiller chez Gérard couture. J'ai fait ma formation de haute couture à  Abidjan (Côte d'Ivoire). Tout comme dans le SHOW BIZ,  il y a une option à faire dans la couture. J'ai choisi pour ce qui me concerne, de  coudre  les habits traditionnels dans différentes variétés : vestes, chemises, robes de mariage. Mais je précise que dans ma boutique, tous ces produits sont faits à base du FASO DAN FANI..
Parce que c'est  la matière la plus chère et la plus économiques des tissus.  De plus,  avec le FASO DAN FANI. on peut faire toute sorte de modèles. On ne peut pas par exemple utiliser du satin pour faire une tenue traditionnelle. C'est pour dire que notre FASO DAN FANI. est une matière qui peut être transformée en tout genre. C'est vrai qu'il  y a des accessoires tels que le fil en coton qu'on ajoute à la couture pour la broderie mais le FASO DAN FANI. demeure quand même la matière première.

Art. : Quelle est la nature de votre clientèle; occasionnelle, ou ciblée ?
Gérard : Les deux à la fois ! Les autorités administratives aiment bien porter les  tenues traditionnelles pendant les cérémonies officielles. C'est  déjà un encouragement pour les acteurs de la filière coton  et  pour  nous couturiers.

Art. : Donc tout va bien pour GERARD COUTURE ?
Gérard: Tout va bien c'est trop dire! Bon, mais ça va puisque mon personnel  et moi vivons de cette couture et nous arrivons à scolariser nos enfants grâce à cette couture. etc.

" Nous proposons des tenues homme, femme et enfant. Tout le monde peut s'habiller chez Gérard couture. "

 

Comment écoulez-vous vos produits en ce temps où le FASO DAN FANI est de plus en plus confronté à la friperie ?

Gérard: On compte sur la population burkinabè pour écouler nos produits. Si nous sommes connus aujourd'hui, c'est en partie grâce à vous les médias ! Pour cela, je vous dis merci, merci à la population et à nos autorités. Tu peux dire que tu as bien travaillé, mais si personne ne consomme ton produit, je doute fort que tu puisses continuer de produire. Donc, je répète que nous comptons d'abord sur nos frères burkinabés. C'est vrai que le pouvoir d'achat est faible, mais c'est déjà bien le fait d'acheter même au compte Gérard: Il faut voir les difficultés de notre métier sous deux angles: le niveau financier c'est-à-dire les moyens  et  la liberté pour créer.
Notre plus grande difficulté aujourd'hui, est d'ordre financier. Il nous  manque les moyens pour produire en quantité industrielle. Nous ne disons pas aux autorités de nous donner gratuitement de l'argent.  Mais qu'ils  nous soutiennent  à travers des subventions ou des prêts parce que les prêts bancaires  nous coûtent cher  en termes d'intérêts. Et quand vous obtenez un  prêt  de votre banque aujourd'hui,  il faut commencer à le rembourser dès demain. C'est pourquoi, je trouve qu'il  faut qu'on nous donne un temps de remboursement assez raisonnable.

 

 

 

 

 

 

 
 

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Sinon, c'est  comme si tu n'avais rien eu !
Ensuite, il y a la liberté de création parce que  pour créer, il faut une certaine liberté au styliste. Or, comment être libre,  on  ne s'en sort pas financièrement, si on dort ou mange mal ?

" Nous voyons attribuer chaque année des distinctions honorifiques aux professionnels des autres corps et métiers mais jamais, le nôtre n'a eu jusque-là un tel  privilège "

 

Art. : A votre avis, comment venir à bout de toutes ces difficultés ?
Gérard: Dans un premier temps, faire en sorte que LE FASO DAN FANI. soit accessible à tous tant du point de vue qualité et que du prix. Ensuite, je souhaite que les autorités puissent nous octroyer les crédits et un délai de remboursement très allégé.
Enfin que nos autorités politiques songent également à  reconnaître le mérite des stylistes par des  petites décorations.. Nous voyons attribuer chaque année des distinctions honorifiques aux professionnels des autres corps et métiers mais jamais, le nôtre n'a eu jusque-là un tel  privilège. c'est comme si nous  ne sommes  là que  pour payer seulement  les impôts. On ne décore pas les stylistes qui se battent pour vous habiller. Pourquoi ne pas nous reconnaître notre valeur, faire connaître aux gens que nous sommes des leaders. On ne reconnaît  notre travail qu'après la  mort. Ce n'est pas normal !  Je demande aux autorités politiques et administratives de penser aussi  à nous.
Je voudrai que chaque burkinabé sache, que payer une tenue traditionnelle, c'est aussi participer au développement économique du pays. Je dis merci à nos autorités mais  je dis qu'ils doivent redoubler d'efforts en portant nos tenues traditionnelles parce que c'est eux, qui doivent donner l'exemple.

Tout le monde trouve son compte chez Gérard Couture

 

 

 

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