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BAMOGO THEODORE / Artiste musicien
 
"Je me demande souvent si nos frères et sœurs supportent  vraiment notre musique ?. Combien de burkinabé achètent-ils nos cassettes et combien sont-ils à les écouter ?"
 
 

 

 

Je fais la musique depuis  20 ans. A ce jour j'ai enregistré 3 albums dont  le dernier s'intitule " bark puusgo" (merci à Dieu)
A l'instar des autres métiers, la musique burkinabé connait aussi des problèmes ; des problèmes de promotion, d’organisation et d'ordre structurel.
Pour ce qui est de la promotion de notre musique, Je me demande souvent si nos frères ou nos sœurs supportent  vraiment notre musique ?. Combien de burkinabé achètent-ils nos cassettes et combien sont-ils à les écouter ?.
Quand  "mini cassé" passe sur la chaîne de télévision "Africable ", regardez le monde fou qui danse autour de l’artiste. Vous sentez un certain engouement  et un dévouement  à l'artiste. Le « mini-cassé a aujourd’hui du succès, parce qu’il a le soutien du public. C'est clair !  Et cette passion que nous vivons à travers la télé, a inéluctablement des répercutions psychologiques sur les mentalités des téléspectateurs  que nous sommes. Cette situation, ne pourra  que peser favorablement sur la promotion de l’artiste et son œuvre. C'est clair et net !
Autre exemple: En côte d'ivoire, même quand un enfant joue un tam-tam et même quand  il chante n'importe quoi, les médias vont le diffuser et incitera le public à acheter la cassette. Il y a même des artistes qui chantent hors gamme ; peu importe ! les effets numériques sont là pour corriger les imperfections…Voilà !
Les burkinabé jusque-là n'ont pas encore cet amour  et cette passion pour notre musique. Ils ne l’ont pas encore bien adoptée.
Par ailleurs, il y a la faiblesse des cachets des artistes. Il faut savoir que les œuvres de qualité ont un prix. Si nous exigeons des œuvres de qualité aux artistes, il faut aussi être prêt à payer le prix. " Pour faire une bonne sauce, il faut beaucoup de condiments, donc beaucoup d'argent ". Si nous pouvons appeler un artiste étranger pour  qu'il  joue avec un cachet de à 3 à 5 000 000, je ne vois pas d'inconvénient à offrir le même cachet à  un artiste burkinabé. Comme on le dit en langue mooré, "c'est l'enfant intelligent qui paie les beignets de sa maman".
Enfin, il y a le problème d'organisation et de distribution. Il n' y a pas assez de réseaux de distribution au Burkina. A cela, s'ajoute le manque des maisons de pressage de cassettes. L'important, n'est pas seulement de produire un album, mais faut-il encore pouvoir le presser. Heureusement qu'il y a "Merveille Production" qui pointe à l'horizon. Aujourd'hui, même quand vous voulez acheter un clip, vous aurez du mal à l'acquérir parce qu'il n'y a pas un réseau de référence à cet effet. On vous enverra balader partout et au bout du compte, vous êtes découragés et vous abandonnez la recherche.


A tous mes fans, je leur adresse un message d'amour, d'amitié, et de solidarité. Il faut qu’ils continuent de nous soutenir.
Pour apporter votre contribution à ce débat,cliquez sur www. Artistebf.org

 

 

 

 

 
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