Bonne & Heureuse Année 2012 à tous nos internautes. Artistebf est si heureux d'être toujours en votre compagnie. Que Dieu vous accorde sa grâce et couronne vos efforts de succès. Dans sa bonté, qu'il transforme nos souffrances en une vie meilleure. A l'endroit des malades, Artistebf leur souhaite un prompt rétablissement. Ensemble, tenons –nous les mains pour barrer la route à la maladie et à la souffrance, nos ennemis jurés. Bonne fête les Amis. Bonne année à tous ceux qui aiment la culture. Enfin, Joyeuses fêtes à tous les Artistes du Burkina et du monde ..
II

Entretien avec Carolle Michelle

Carolle Michelle : Manager
 

Je m’appelle Carole Michel. Je suis graphiste, chargée de communication. Je travaille dans le secteur culturel.
Je croyais que vous étiez manager aussi  ?
Oui on peut dire ça comme ça.
Vous managez quel artiste ?
Bil Aka KORA en collaboration de Papus ZONGO .

Depuis combien de temps faites vous ce travail ?
Je travaille avec Bil depuis deux ans. Au départ c’était pour le projet, « les nuits Djongo ». Un dispositif de résidences de créations musicales pour mettre en valeur le travail des musiciens. Au départ j’étais administratrice et chargée de communication. Je développais le projet avec lui. Et puis,petit à petit, je me suis mise aussi à travailler sur sa carrière,  sur le projet de son nouvel album, ses photos, sa promotion et l’organisation des spectacles.

Carole, qu’est-ce qu’un manager et quel est son rôle ?
C’est celui qui va avoir toutes les compétences autour de l’artiste, compétence administrative, comptable, assurer une parfaite coordination. Il est aussi le conseiller de l’artiste. Le manager doit faire en sorte que l’artiste travaille dans de meilleures conditions. En somme, il veille au bien être de l’artiste.

Vous êtes une première ou existe-t-il d’autres femmes manager ?
Etre femme et encadrer des artistes musiciens n’est pas chose facile je devine. Vous subissez les pressions de toutes natures. N’est-ce pas votre avis ?
Non pas du tout ! des femmes managers il y en a. Au Burkina, il y a très peu mais il en existe quand même. Il y a Kadi, qui est manager de smockey par exemple.

Oui mais…  c’est aussi sa femme ?
Ce qui est bien différent dans votre cas !
Peu importe, en tant que femme travaillant dans un milieu masculin, que ce soit dans tout métier, il faut avoir de la personnalité, être pointu, et surtout rester toujours professionnel. C’est ainsi que l’on est respecté et jugé pour ses compétences.

Ok ! c’est beau tout ça ! Vous savez bien que c’est à force de se frotter, d’être ensemble que tout s’assemble et finit aussi par se ressembler. Tout peut arriver ! Et si un jour Carole, en dépit de son fort caractère et de sa personnalité pointue, « bleuissait » pour un artiste qu’elle a la charge de manager….serait-on en présence d’une faute professionnelle ? Seriez-vous encore efficace ?
Ce sont des choses qui peuvent arriver à tout le monde. Je ne pense pas que ça puisse entraver le travail ou que ce soit considéré comme une faute professionnelle. Travaillant dans le domaine musical depuis des années, j’ai déjà vu des cas de figures comme ça. D’ailleurs cela peut toucher d’autres professions que celle de la musique.

 

 


 
   

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Notre musique a –t-elle des difficultés ?
Oui bien sûr. D’abord parce qu’il n’existe pas de statut d’artiste, pas de réglementation, pas de législation, donc pas de garantie.

Comment voyez-vous la mise en œuvre d’un tel statut ?
D’abord pour pouvoir instituer un statut de l’artiste au Burkina, il faudrait d’abord changer la constitution. La question est beaucoup plus compliquée que ça. Il faut peut-être aussi s’inspirer des exemples des pays voisins et voir comment l’adapter à notre contexte. En France par exemple, il y a un statut pour les artistes ce que l’on appelle le statut d’intermittent. Il y a des textes qui déterminent le salaire de l’artiste, par rapport à son travail et sa durée, par rapport au type de prestation... Il y a une réglementation par rapport à sa santé, il y a des cotisations pour la sécurité sociale, pour les indemnités de chômage...

Votre mot de fin !
Mon dernier mot c’est que j’ai bon espoir. Les managers se structurent petit à petit, ce qui aura sans doute une répercussion directe sur la qualité musicale, l’exigence ira grandissante. C’est vrai que ça ne se fera pas du jour au lendemain. En tout cas je sais que  la musique burkinabé a tout le potentiel pour mieux se porter.

 

Artistebf

 

 
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