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Manivelle Production

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Jean Claude FRISQUE de Manivelle Production

Artistebf du 20 novembre 2012, écrit par Patrick COULIDIATY

 

 

 

Jean Claude Frisque (gche) et son collaboratreur

Le Burkina a une histoire avec le cinéma

Il y a 10 ans que Jean Claude FRISQUE et ses amis sont au Burkina. Attiré par le charme de ce beau pays comme il le dit lui-même, ils ont décidé de créer " Manivelle PRODUCTION". Le 2 novembre dernier cette maison de Production venait de célébrer ses 10 ans au service de la production, du social, du développement et de la culture. Aujourd'hui,  Manivelle Production, même si par modestie les promoteurs ne le disent pas,  compte parmi les plus grandes maisons de production au Burkina. Elle traîne derrière elle un bilan assez intéressant qui se traduit par la réalisation en l'espace de 10 ans,  300 spots télé, 117 films documentaires et institutionnels, 48 clips.
Jean Claude FRISQUE que nous avons rencontré pendant la célébration du 10ème anniversaire de Manivelle Production apprécie le paysage audio-visuel du Burkina .

Je suis réalisateur de formation et producteur. Je suis arrivé au Burkina en 2002. Mais avant, c'est en 1999 que je suis tombé sur le charme de ce beau pays qu'est le Burkina. J'ai eu tout de suite envie de venir m'y installer et de créer une activité dans mon domaine de compétence c'est-à-dire la production audio-visuelle. De là, est venue l'idée de Manivelle Production en collaboration avec deux autres personnes qui vivaient déjà au Burkina. Il s'agit d'un autre Belge Marc et un burkinabé du nom de Dieudonné BASSONO.

Artistebf (Art) : Quelle est votre appréciation du paysage audio-visuel burkinabé ?
Jean Claude Frisque (JCF) : Le Burkina a une histoire avec le cinéma dans la mesure où il est le Berceau du FESPACO. Donc, Il y a une tradition liée au cinéma. Aussi, on constate que c'est un pays qui est très dynamique dans le domaine de la production audio-visuelle du fait de la forte demande dans le domaine publicitaire puisqu'il y a les Télévisions aussi bien du public que du privé qui diffusent des programmes et de  la publicité. Il y a également de nombreuses demandes dans le domaine de la communication pour le développement. Les ONG et les institutions qui travaillent au Burkina ou dans la sous région ont besoin de supports audio-visuels pour communiquer et pour la visibilité de leurs activités. Nous sommes arrivés à un moment où certainement il y avait sans doute un besoin dans ce domaine. Nous nous sommes donc installés pour apporter notre savoir-faire et notre créativité, toute chose qui a pérennisé notre activité puisque ça fait 10 ans qu'on est là.

Art : Qui dit production, dit aussi  SHOWBIZ. A votre avis, quelles sont les difficultés qui se posent aujourd'hui  aux  maisons de production, vous qui êtes dans ce métier depuis 10 ans déjà.
JCF : Justement, ne faisons pas de confusions. C'est vrai qu'il y a du Showbiz dans l'audio-visuel. Dans notre domaine, on n'est pas très showbiz en dehors du volet clip, puisqu'il nous arrive de travailler avec des artistes. Mais le cœur de notre métier est plutôt tourné vers le marketing, vers la communication pour le développement. Les axes prioritaires sur lesquels Manivelle a choisi de travailler dès le départ, c'était le social, le développement et la culture. Quand je dis de ne pas faire de confusion avec des sociétés qui produisent de la fiction comme les séries télévisées. Dans notre métier, on ne fait pas de la fiction mais des prestations dans le domaine audio-visuel. Pour des clients qui ont des besoins, nous faisons des films de commande. Nous produisons très peu de choses par nous-mêmes; ce qui ne nous empêche pas de nous s'intéresser à l'activité culturelle du pays.

Art : Ma question reste toujours sans réponse ! Quelles sont les difficultés des maisons de production au Burkina ?
JCF : (rires). En tant qu'européen, je suis habitué aux médias du Nord de la Belgique ou de la France, il y a probablement un retard lié à la formation et à l'évolution normale de ces pays. On n'a pas la même qualité de production parce qu'on n'a pas non plus les mêmes moyens qu'au Nord. Fort heureusement, il y a maintenant des écoles de formation qui commencent à se créer dans le pays, dans la sous région et qui créent une sorte de concurrence. Il y a l'avantage que le matériel avec lequel nous travaillons est devenu plus accessible, permet une meilleure qualité parce que c'est du numérique et qui coûte beaucoup moins cher. C'est pourquoi, de nombreux jeunes auto-didactes et talentueux s'installent aujourd'hui à leur compte. Ce sont des métiers qui sont difficiles; c'est comme la musique. Pour se faire de la place dans ce milieu, il faut des producteurs, des réseaux; c'est assez complexe. Ce n'est pas forcément le talent qui te fera forcément percé. En vidéo, c'est un peu la même chose. Mais aujourd'hui, avec les moyens de communication, les réseaux sociaux, on arrive plus facilement à se faire connaître, à montrer ce qu'on fait et à percer. Alors il y a un essor indéniable qui fait que les retards auxquels je faisais allusion, vont être très vite rattrapés.

Art : C'est vrai que les maisons de production commencent à se créer un peu partout mais il reste que la qualité des œuvres musicales sont souvent médiocres du point de vue de l'audio que du visuel. Comment faire pour obtenir une œuvre de qualité ?

JCF : C'est vrai qu'il manque souvent les moyens dans la création artistique mais ce n'est pas seulement qu'au Burkina ni en Afrique; c'est un peu partout dans le monde. La culture est souvent le parent pauvre et on a du mal à trouver des moyens pour produire, que ce soit la musique, mais aussi dans le cinéma, la télévision ou la peinture.

 

Je crois qu'il ne faut pas faire des concessions à la qualité mais il faut faire de bons compromis c'est-à-dire qu'il faut arriver à faire le mieux possible avec les moyens qu'on a. Ce n'est pas forcément avec a beaucoup d'argent qu'on fera un bon film ni parce qu'on a peu d'argent qu'on ne fera pas de bon film. On peut faire de très bons films avec très peu d'argent.

C'est là véritablement que le talent va pouvoir s'exprimer. Le public qui va découvrir votre œuvre ne saura jamais l'argent, ni les difficultés que vous avez eus; ce qui compte c'est le résultat. Et il faut que le résultat soit créatif, original et qu'il séduise le public. C'est une question d'émotion. Malgré tout, il y a quand même des choses sur lesquelles il ne faut pas sacrifier la qualité que ce soit du support ou des images. Il faut savoir maîtriser une caméra, le son; ce sont des choses qui s'apprennent dans les écoles ou sur le tas avec l'expérience. Mais je dis qu'avant tout, il faut du talent !

Art : Sous quel format réaliser un clip afin de lui donner la chance de passer sur de grosses chaines musicales comme "TRACE TV" ?
C'est un problème complexe. Ce n'est pas seulement qu'une histoire de clip. Pour qu'un artiste perce, il a besoin d'être entouré et d'avoir un bon producteur. Je crois que c'est un mal chronique ici au Burkina parce qu'il n'y a beaucoup de producteurs qui produisent bien et qui suivent comme il le faut leurs artistes. Il n' y en a pas assez ! C'est un peu aussi lié au marché qui traverse une crise mondiale sur le plan musical avec le phénomène de la piraterie et les problèmes liés à la vente des disques. C'est un secteur qui est en pleine mutation, qui est en train de se chercher et qui cherche encore de nouvelles voies pour arriver à produire les artistes. Il faut effectivement arriver à faire un clip de qualité, après il faut qu'il soit diffuser. Malgré tout, ce n'est pas suffisant pour percer ! C'est un des maillons de la chaîne. A mon avis, pour produire un clip de qualité, il faut mettre un maximum de moyens financiers car pour avoir de bonnes images, il faut utiliser de bons matériels, de bons techniciens; en fait, il n'y a pas de recettes !

Art : Du côté du cinéma, il y a aussi des normes ou des formats à respecter pour que les grandes chaînes comme TV5 acceptent de diffuser votre film. Quels sont les formats recommandés ?
JCF :Comme je le disais, il y a le fond et la forme. Sur le fond, c'est une question de talent; c'est un peu subjectif. Il faut que le film plaise, que l'histoire soit intéressante, que le scénario soit bon. Sur la forme, il y a des normes professionnelles à respecter en matière de télévisons. Les Chaines de télé exigent une certaine norme de qualité, il faut respecter certaines règles au niveau du son ou de l'image qui sont élémentaires pour qu'un programme puisse passer dans de bonnes conditions à la télévision.

Art : Nous ne terminerons pas sans évoquer ce 10ème anniversaire de manivelle Production que vous venez de commémorer. Quelles sont vos impressions après un tel parcours ?
JCF : C'est une grande fierté et une joie d'être là après 10 ans; fierté parce que ce n'est pas forcément évident de subsister malgré les difficultés. C'est une fierté d'avoir une équipe qui est là et qui est compétente, fierté d'avoir encore  des projets et de toujours prendre du plaisir  à  faire ce qu'on aime. Je crois que c'est le plus important et on a envie de partager ce plaisir, cette joie avec les amis et tous ceux qui ont fait de Manivelle Productions ce qu'elle est aujourd'hui. Donc, on organise cette fête ce vendredi 2 novembre pour associer à notre joie tous ces gens qui ont contribué à faire grandir Manivelle Productions.

Art : Quel  est votre appel à l'endroit de tous ceux qui  vous découvriront sur la toile ?
JCF :C'est leur dire que nous disposons de salles de montage, du matériel et des équipes. Nous sommes ouverts à toutes les propositions. Entendons- nous ! Ne venez pas avec des scénarios, de fiction ou de projets trop ambitieux, parce que ce n'est pas notre métier.
Par contre si quelqu'un veut venir discuter avec nous sur un projet qu'il voudrait réaliser avec les outils qu'on a, c'est possible ! Nous sommes ouverts à ça, nous sommes ouverts aux expériences. Nous continuons à développer des projets  comme le web TV, le web documentaire aussi  parce qu'il y a de nouvelles voies à explorer avec les nouvelles techniques de la communication. Nous avons toujours envie de continuer à nous amuser et à prendre du plaisir à développer des projets du genre.

Novembre 2012

 

 
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