il faut interroger les sociologues pour trouver la meilleure approche, pour savoir quelle définition et quel contour sied bien à la notion de journaliste. Il y a beaucoup de critères qui rentrent en ligne de compte selon que l’on est tenant de l’approche fonctionnaliste, interactionniste ou mobilisation collective. Qui a droit à la carte de presse et qui n’a pas droit ? Est-ce un animateur de la télévision peut être considéré comme journaliste ? Le problème s’est posé en France et la carte de presse a été refusée à Michel DRUCKER qui pourtant, fait plus que bien de gens qui se disent journaliste. Par ailleurs, la difficulté réside dans le fait que depuis sa création, le journalisme s’est toujours positionné par rapport à des modèles extérieurs.
Au départ c’était le modèle de l’homme de lettre, ensuite le modèle de la profession libérale (Avocat par exemple) puis aujourd’hui, le modèle de l’intellectuel celui qui apporte la bonne parole.
Alors …. Celui qui à la plume comme l’écrivain est- il journaliste même s’il n’est pas passé par une école ?
Emile ZOLA, l’auteur de ‘‘J’accuse’’ pour défendre le capitaine DREYFUS était- il journaliste ?.
Le philosophe qui tient une tribune hebdomadaire dans un quotidien est- il journaliste ? la question est complexe et moi personnellement, je suis contre cette définition ventrale du journaliste qui le définit comme celui qui vit de l’activité d’un journal. C’est une définition ‘‘alimentaire’’ qui peut conduire à distribuer des cartes de presse à des gens qui, bien que travaillant au sein d’une rédaction, ne la méritent pas parce qu’ils ignorent tout de ce métier. La carte de presse n’est pas une fin en soi. Son seul intérêt, c’est qu’elle prouve la volonté des journalistes d’assainir leur milieu et d’exister en tant que profession.
Art : Si ce n’est pas indiscret ou très tôt d’en parler, quelles seront les grandes innovations ou les grands défis que vous envisagez déjà au niveau de votre Direction générale ?
(Y.T) : Aujourd’hui, nous sommes en passe de l’analogique au numérique. Il y a déjà un problème qui se pose en terme de reconversion de matériel et en terme de formation du personnel. Il est extrêmement important de faire en sorte que le Burkina rayonne de part le monde à travers sa télé et sa Radio. Il faut cultiver l’excellence !. Malgré la révolution de la technologie, la Radio Burkina n’est pas encore sur le net. Ce n’est pas normal. En octobre 2009 date anniversaire du cinquantenaire de la Radio, nous comptons lancer la radio sur le net. L’autre défi, c’est de trouver un siège pour la RTB qui, depuis près de 50 ans n’a pas de siège digne.
Art : Nous parlons de plus en plus de piratage de notre musique. Mais ce que nous oublions, la télévision ou de la radio, sont les premières sources de piratage des œuvres musicales. Je parle surtout des appareils numériques qu’on peut programmer à souhait pour tout enregistrement à partir de la télé. Comment luttez-vous à votre niveau contre ce mal ?
(Y.T) : Quand il m’arrive de zapper sur LC2, je vois de nombreux artistes comme Alpha Blondy, Ticken Jah fakoly, mais je suis étonné de ne pas voir les artistes de chez nous. Je crois qu’il ne faut pas être fermé. On peut aimer la musique nationale mais qu’on ne se ferme pas aux autres musiques. On parle de piratage lorsqu’il s’agit d’une œuvre de qualité (du point de vue technique et artistique). Or, nos œuvres musicales souffrent souvent de l’un ou de l’autre. N’importe qui s’enferme aujourd’hui dans des studios privés sans aucun respect des règles de montage pour produire des clips…
Art : … et vous les diffusez quand même … !
(Y.T) : Voilà ! je me critique …On est arrivé à un stade où certains artistes pensent que c’est un droit dès lors qu’ils produisent un clip, de le diffuser à la télé. Souvent, on dit que c’est pour faire la promotion d’un album, en réalité, ces gens là n’ont pas d’album. Tout le clip est mauvais. Moi, je me critique… !
Alors, nous sommes en train de revoir le contenu de nos programmes. Nous avons mis en place un comité de programme qui est dirigé par le Directeur de la télé. Ce comité va nous produire un document que nous pourrons apprécier.
Art : Le cinéma en général et burkinabé particulièrement connaît de gros problèmes de financement. L’une des raisons avancée par la plupart des réalisateurs, est le manque d’intérêt par les institutions financières ou les opérateurs économiques burkinabé pour le cinéma. Ce secteur, selon les réalisateurs, ne veut pas s’impliquer. Quel est votre avis sur la question ?
(Y.T) : 5 secondes de silence. (Rires). Je ne sais pas ! Le problème c’est quoi ? C’est que, à la rareté des financements, il faut passer à une reconversion. Il y a une querelle actuellement entre cinéastes Il y a d’autres qui sont taxés de vidéastes (vidéos), par la qualité du matériel qu’ils utilisent pour faire le cinéma et d’autres sont qualifiés de cinéastes (ceux qui respectent toujours les normes en la matière (les 35mm) .Je crois qu’il faut réfléchir sur la question afin d’avoir des productions à moindre coût en ces temps de vie chère et de crise financières. De notre côté, avec la nouvelle équipe de la RTB, on est en train de revoir les choses au niveau de l’élaboration du budget de la maison. Il y avait une ligne consacrée à l’achat des programmes extérieurs comme les télénovela et les films de fiction à hauteur de 100 000 000 de francs CFA. Pour ce qui est de la production nationale, il n’y avait véritablement pas de ligne budgétaire en tant que telle. Nous allons justement essayer de renverser la tendance en achetant et en encourageant la production nationale. Nous sommes pour l’instant en train de soutenir deux dames qui ont des projets intéressants.
Art : Votre dernier mot à l’endroit de tous ceux qui apprécient les programmes de la RTB
(Y.T) : Etes vous sûr qu’ils apprécient et comment ? Le travail d’hommes de médias est délicat. On ne vous interpelle que quand il y a un coach. C’est normal ! nous également, nous ne signalons que les trains qui arrivent en retard.
Juin 2009
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