Bonne & Heureuse Année 2012 à tous nos internautes. Artistebf est si heureux d'être toujours en votre compagnie. Que Dieu vous accorde sa grâce et couronne vos efforts de succès. Dans sa bonté, qu'il transforme nos souffrances en une vie meilleure. A l'endroit des malades, Artistebf leur souhaite un prompt rétablissement. Ensemble, tenons –nous les mains pour barrer la route à la maladie et à la souffrance, nos ennemis jurés. Bonne fête les Amis. Bonne année à tous ceux qui aiment la culture. Enfin, Joyeuses fêtes à tous les Artistes du Burkina et du monde ..
I

Entretien avec >

Issaka KABORE /
 

Directeur de l'Allocation des Moyens Spécifiques aux Ecoles (DAMSE)

 

Artistebf  s’est intéressé  cette semaine au Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation du Burkina Faso (MEBA) . Dans d’autres pays, cette structure en charge de l’instruction des enfants est encore appelée Education Nationale. Vous vous empressés déjà de savoir pourquoi  une telle aventure alors que nous n’avons pas encore fini avec la culture. C’est vrai ; mais nous croyions fortement que l’Education et  la Culture sont ce que la caméra est pour l’homme de cinéma ou ce que  la Kora est pour l’artiste musicien.
En réalité, Monsieur  Issaka KABORE, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’est toujours intéressé au site web des artistes du Burkina. Il  nous a parfois écrit comme le font bon nombre d’internautes soit  pour nous soutenir ou  nous apporter des suggestions. C’est pourquoi nous sommes allés aujourd’hui à sa rencontre afin de bénéficier de son expérience en matière de culture. Mr Issaka KABORE qui est actuellement Directeur de l’Allocation des Moyens Spécifiques aux Ecoles (DAMSE) a bien voulu répondre à nos questions. Mais tout d’abord, il nous parle de sa Direction.

 

 

"..comment une école peut-elle bénéficier de vivres de votre direction ? ..."

 

 

" ... Mais nous verrons dans quelle mesure aussi mettre les artistes à contribution dans la sensibilisation de  l’instauration et la promotion des cantines endogènes .."

 

 

"... de ce que je sais, les gens parlent de retrait du partenaire; mais en réalité, l’ONG ne se retire pas ; il recible ses interventions...."

 

 

"...malgré l’insuffisance de moyens, les artistes se battent pour nous offrir des produits acceptables..."

 

 

 

 

 

 

   

 

 

"l’ONG ne se retire pas ; il recible ses interventions"
 

Issaka KABORE (I.K)  : Je suis  Issaka KABORE,  Directeur de l’Allocation des Moyens Spécifiques aux Ecoles (DAMSE) ; c’est une direction centrale du Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation qui a pour mission essentielle,  le stockage et la distribution de vivres pour les cantines scolaires dans toutes les écoles du pays. Nous avons aussi, entre autres mission, la distribution gratuite des manuels scolaires à tous les élèves aussi bien du public que du privé de toutes les écoles du Burkina Faso.


Art. : Pouvez-nous nous dire de manière sommaire comment une école peut-elle bénéficier de vivres de votre direction ?
I.K  : Oui ! Pour bénéficier des vivres, il faut dire qu’il n’y a pas des conditions particulières ! Seulement, il faut que la communauté s’engage à assurer une bonne gestion des vivres qui seront mis à leur disposition et à participer aux activités relatives à la mise en place de cette cantine scolaire. C'est-à-dire qu’il faut qu’au sein de la communauté, il y ait l’association des parents d’élèves et des mères éducatrices qui s’engagent à assurer une bonne gestion de ces vivres que l’Etat va mettre à leur disposition. Voilà en résumé les conditions pour être bénéficiaire des vivres ; sinon, il n’y a pas de condition d’exclusion. Je crois que toutes les écoles du pays, notamment toues les écoles publiques remplissent ces conditions.


Art. : Vous parliez tantôt de manuels scolaires, peut-on dire aujourd’hui que toutes les écoles du Burkina  sont couvertes en manuels scolaires ?
I.K  : Oui, je pense qu’en ce qui concerne les manuels scolaires, les résultats sont quand même satisfaisants en témoigne les résultats de la 14 ème mission conjointe de suivi du Plan Décennal pour l’Education de Base (PDDEB) où,  en tout cas, les rapports montrent que le ratio de livres par élève  en lecture, en calcul  et en observation est  de « 1 ». Ce qui veut dire que chaque élève au Burkina Faso, que ce soit du public ou du privé, dispose d’un livre de lecture, de calcul et d’observation. Ce n’est pas moi qui  le dis mais ce sont les statistiques qui l’indiquent. Par endroit même, ce ratio est au dessus de « 1 » ; c'est-à-dire qu’on tend même vers « 1,5 livre  » par élève. Donc en termes de résultats, nous pouvons dire à ce niveau que nous sommes satisfaits.


Art. : Il eut des moments où Dame rumeur faisait état d’un éventuel retrait de votre partenaire (le CRS) du système éducatif. Il semblerait même que le matériel roulant a été cédé au plus offrant. Est-ce que vous le confirmez ?
I.K  : (Rires ). Oui bon ! Je pense que cette question, c’est peut-être l’ONG qui pourrait vous répondre correctement. Mais de ce que je sais, les gens parlent de retrait mais en réalité, l’ONG ne se retire pas ; il recible ses interventions. Il  faut donc faire la nuance entre retrait et recyblage  des interventions. Vous savez qu’en 1960, quand cette ONG couvrait toute l’étendue du territoire, les besoins en aliments du pays à l’époque (de 1960 jusqu’à la fin des  années 80) sont aujourd’hui  en deçà des besoins d’une seule Direction régionale. Vous voyez ! Sinon,   l’ONG CRS est toujours là ; elle est  même présente dans 6 provinces du Burkina. Mais si vous voulez faire le point, les besoins de ces 6 provinces dépassent largement les besoins en aliments des élèves des années 60 et 80. Alors, en termes de valeur absolue, les quantités de vivres n’ont pas variées. Vous voyez ! Mais à contrario, ce sont les besoins qui se sont multipliés ; les besoins croissent à un rythme vraiment exponentiel  tandis que les vivres que l’ONG importe sont restés, j’allais dire, stables depuis les années 80 à maintenant. Vous savez qu’à l’époque (de 1960 à 1980), on n’avait même pas atteint 4o% de taux de scolarisation. Aujourd’hui, nous sommes à 72,5 de taux de scolarisation et surtout avec le taux annuel  d’accroissement de la population, nous sommes à un taux de 3,1. Cela veut dire que les besoins  se sont multipliés. Vous voyez !  Il y a peut-être 40 ans,   1000 tonnes de vivres pouvaient couvrir tout le territoire. Aujourd’hui, ce tonnage ne suffit plus. A la limite, avec ces 1000 tonnes, on  ne pourra  couvrir aujourd’hui qu’une seule province. Et si  on n’augmente pas ce tonnage pour rester en phase avec les besoins de plus en plus croissants, on aura l’impression qu’on se retire alors que non. Ce sont simplement les besoins et les ressources qui n’ont pas évolué au même rythme.


Art. : A vous entendre, il s’agit bien de réciblage et non de retrait du partenaire du  système éducatif. Mais et si c’était le cas, est-ce qu’aujourd’hui, le MEBA est prêt à assurer la relève ?
I.K  :  Le Gouvernement du Burkina Faso a déjà pris des mesures pour palier au réciblage bien que certains parlent de retrait du partenaire parce qu’il faut continuer d’assurer le repas à l’école dans la mesure où les cantines scolaires constituent un facteur favorable pour l’accès, le maintien et la réussite de l’élève. C’est pourquoi, il faut trouver des solutions pour palier à ce  vide que va laisser cette ONG. En récyblant ses activités,  le partenaire  s’est  d’abord retirer des grandes villes pour se consacrer aux zones rurales. Au départ c’était l’ensemble du territoire, puis nous sommes revenus à 23 provinces, ensuite à  16, et enfin, nous sommes à 6. Dans les jours à venir, le programme va encore connaître une réduction de ce nombre. Je ne sais pas pour l’instant combien de provinces seront concernée par la prochaine réduction. Mais ce  qui est sûr, toutes ces 6 dernières provinces ne seront pas retenues. Face à cette situation, le gouvernement a entrepris de promouvoir les cantines endogènes. A ce niveau, l’engagement et la contribution de la communauté sont  sollicités au moins à hauteur de 10 , 15, 20%  et  l’Etat, dans la mesure de ses possibilités va  compléter le reste.
En plus de cela, suite aux différents chocs  macro économiques  et les crises financières, l’Etat avec ses partenaires techniques et financiers,  ont élaboré ce qu’on appelle un programme de filets sociaux pour alléger les charges de ménages. C’est un montant supplémentaire de 12,3  Milliards par an  pendant deux ans. A ce niveau, beaucoup d’efforts ont été faits pour renforcer les cantines scolaires. Je suis convaincu qu’avec la participation communautaire, ces mesures vont permettre de résoudre un tant soit peu le décalage ou du moins le récyblage de l’intervention de cette ONG. Voilà les dispositions qui ont été prises ! C’est vrai que ce n’est pas facile pour des gens qui étaient habitués  à l’assistanat depuis 1960 ; mais nous y arriverons. La preuve, les communautés ont pu  contribuer ces trois dernières années pour près de 3 000 tonnes de vivres locaux soit 25% de l’apport annuel de l’Etat en vivres. C’est un apport non négligeable de la part de nos communautés ! Nous allons continuer la sensibilisation et avec l’appui des programmes de filets sociaux, nous pensons que ce problème lié au recyblage des activités du partenaire sera maîtrisé.


Art. :  ça tombe donc bien Mr le Directeur, puisque nous sommes un site Web qui regroupe des réalisateurs, des comédiens, des artistes musiciens et des arts plastiques.  En parlant de sensibilisation, pensez-vous que les réalisateurs peuvent faire quelque chose dans la promotion des cantines endogènes ?
I.K  : Bien sûr ! Nous pensons qu’effectivement la communication joue un grand rôle pour la sensibilisation et la contribution des cinéastes à ce titre,  ne pourrait qu’être salutaire. En la matière, nous n’avons jusque-là utilisé que les radios et les films documentaires. Mais nous verrons dans quelle mesure aussi mettre les artistes à contribution dans la sensibilisation de  l’instauration et la promotion des cantines endogènes dans toutes les écoles du pays.


Art. : Il vous arrive de poster souvent des messages sur le site, ce qui traduit votre intérêt et surtout l’attention que vous accordez aux artistes burkinabé et à leurs oeuvres. S’il vous était donné de choisir entre la musique, le cinéma et le théâtre, lequel des trois métiers vous préférez ?


I.K  : (Rires) J’admire tous ces métiers. Je suis un adepte aussi bien du cinéma de la musique que du théâtre aussi. De ces trois – là, il m’est difficile de faire une préférence.


Art. : Est-ce que vous allez souvent au cinéma ?
I.K  : Naturellement ! Je regarde constamment le feuilleton « LE TESTAMENT » ; j’ai vu  « LE FAUTEUIL », « MOGO PUISSANT » et tout récemment, j’ai vu le film CLARA »  de Mr Boubacar DIALLO.


Art. : Comment appréciez-vous  le paysage culturel du Burkina ?
Je crois qu’il y a une évolution positive tant au niveau du cinéma, de la musique que du théâtre. Je peux dire que nos artistes sont pour l’instant dans la bonne voix. il y a deux ou trois décennies, nos salles de cinéma étaient inondées par des films pour la plupart étrangers. Mais de plus en plus, nous voyons que nous avons des producteurs, de metteurs en scène et de compositeurs burkinabé talentueux. L’éternel handicap est surtout le problème de moyens mais qui, avec le courage et la détermination des uns et des autres, peut être surmonté. Je crois qu’il faut  être fier de l’existant et  cela ne fait que rehausser notre culture et comme quelqu’un disait  : « la civilisation universelle, c’est le carrefour où toutes les civilisations se rencontrent ». En d’autres termes, avec  ces artistes, nous allons porter haut le flambeau de notre culture pour que nous soyons à ce carrefour. Auparavant, notre civilisation n’était pas encore au rendez-vous des autres civilisations !. C’était surtout les civilisations des autres nations. Mais la nôtre n’y était pas.  Je voudrai donc saluer ce regain d’intérêt des artistes pour la musique, le cinéma et le théâtre.


Art. : Quels conseils pour nos jeunes talents ?
Etant entendu que je ne suis pas moi-même du métier, ça ne sera pas facile de prodiguer des conseils. Moi j’admire et je consomme les produits. Quand un produit est bon, je suis aussi content de le consommer. Mais comme je vous le dis, il sera hasardeux de leur dire « non, il faut faire cela plutôt que ceci ! ». Mais de manière générale, je sens que presque tous les artistes ont des problèmes de moyens financiers pour réaliser leurs projets. Si vous prenez le théâtre, ça coûte cher ; le cinéma, c’est pire ! Mais que voulez-vous ? C’est vrai qu’il faut les moyens, mais il faut aussi  la détermination, et le courage. Les  artistes, sans doute  ont conscience de cela dans la mesure où, malgré l’insuffisance de moyens, ils se battent pour nous offrir des produits acceptables. C’est en cela que je les félicite et les encourage à toujours braver les obstacles car il n’y a rien sans difficultés.


 

 
 

 

 

 
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