II

Entretien

Entretien avec Bil Aka KORA
 

Je suis Bil Aka kora , je suis KATSENA dans la région sud du Burkina à PO précisément.
Je suis chanteur-auteur Compositeur. J’ai 3 albums sur le marché et le 4ème sera prêt pour 2009. Je fais parallèlement beaucoup de musique de films tels "le monde est un ballet ", " Ouaga saaga, " la musique évènementielle. Je collabore avec beaucoup de structures artistiques comme le "CITO", les "récréatrales " etc.

Vous avez aujourd'hui créer un style musical à vous : le DJONGO
C’est quoi exactement ?
Le DJONGO, au départ c’est une danse, une musique traditionnelle KATSENA. C’est à partir de cette  base rythmique et de l’esprit de cette cérémonie du DJONGO que je me suis inspiré. Le DJONGO, est un mélange de rythme traditionnel  et de musique moderne. Mais au-delà de la musique, c’est l’esprit de cette danse où chanteurs et danseurs se donnent à fond.

Quel est votre avis sur le verdict du denier Faso académique où vous étiez même le parrain ?
Comme c’est une compétition, la plupart des mélomanes ne voient que le verdict. Or, au-delà de ça, il y a aussi tout un travail qui est fait derrière, avec des jeunes qui n’avaient jamais tenu un micro et qui sont arrivés finalement à produire un beau spectacle en live. Ce résultat est déjà pour moi une satisfaction. S’il ne tenait. qu’à moi, tous les cinq méritaient .
 
Mais quand le verdict est tombé, le public a semblé protester ?
C’est tout à fait logique ! car le vote du publique comptait pour 50% et dans le domaine de l’art, on ne peut pas savoir qui a raison et qui a tord. Le public demeure le seul juge. Il faut se dire qu’avant tout, c'est un jeu.

Quelles critiques faites-vous du paysage musical burkinabé ?
Oh ! Je crois qu’on a trop  amené la musique sur le côté Show Biz. Il faut qu’on fasse attention à préserver notre culture. On a tendance à encourager la musique facile, c’est vrai que ça existe dans tous les pays. Aujourd’hui, nombreux sont les artistes qui jouent en play back. Comment voulez-vous que dans de telles situations, les instrumentistes et les guitaristes puissent vivre s’ils n’ont pas l’occasion de jouer ?

 

 
   

Les Clips de Bil AKA KORA

"Il faut qu'on arrête de faire le play back"
 

On sort un album et puis, ce sont des « play back »  partout. Tout le monde semble encourager cela. Pour les arbres de noël des sociétés, les organisateurs appellent des gens qui font des "play back" parce qu’ils sont moins chers. Si nous voulons aller plus loin, il faut que nous arrêtons les "play back " et donner aussi de la considération à la musique traditionnelle.

Des "play back" partout, des maisons de productions partout, est-ce là un signe que notre musique a percé ?
Percé c’est trop dire ! Sur le plan international, notre musique n’existe pas encore. Ça commence à venir. Mais ce qui est réconfortant, c’est que nous avons  gagné sur notre terrain. La production massive ces derniers temps, montre que notre musique est bien écoutée à l'intérieur. Sinon, on était avant envahi par la musique ivoirienne.

Un statut pour les artistes ! Voilà une phrase qui est affichée sur toutes les lèvres des artistes. Pourquoi un statut ?
C’est normal que l’artiste ait un statut. Sans statut, on ne sait pas ce qu’un artiste peut bénéficier, pas de prise en charge par la sécu, il faut se débrouiller sois même.
Le statut de l’artiste, c’est la reconnaissance des autorités envers l’artiste. Cela demande une organisation mais le statut est nécessaire. En France par exemple, il y a des intermittents qui, au bout d’un certain temps, avec un certain nombre de concerts, a droit à un salaire subventionné à moitié par l’Etat français. Ainsi, même si l’artiste fait trois mois sans se produire, il y a un salaire mensuel qui tombe par rapport  à sa production antérieure. Je dis qu’il faut réellement une organisation car il ne faut pas attendre qu’un artiste tombe malade ou décède pour qu’on cotise pour ses frais d’hospitalisation ou de cercueil. On ne devait pas arriver à ce niveau là ! Nous devons pouvoir se soutenir sans que personne ne mette individuellement la main à la poche.

DES SUGGESTIONS
D’abord, je voudrai remercier le ministre parce que c’est une personnalité assez simple, accessible à tout le monde. L’un des rôles du ministère de la culture n’est pas de prendre tous les problèmes des artistes sur lui. Mais, le ministère accompagne l’artiste.

La première proposition que je ferai au ministre est la revalorisation de la musique traditionnelle.


La 2ème proposition, c’est d’encourager les grands prix nationaux et faire en sorte qu’ils deviennent de plus en plus professionnels.


Enfin, que le gouvernement fasse du statut des artistes une réalité.


Je souhaite une bonne année à tout le monde et que l’esprit DJONGO, l’énergie, l’émotion et la sincérité accompagne tout le monde !

 

 
 
Publicités
Blagues
 
Conseils des Ministres
 

Téléphonnez moins cher
 

 
Prix nuit du WEB
Artistebf récompensé