Annonces brèves ! Kundé 2014, les artistes burkinabé à l’assaut de 14 trophées le 25 avril prochain. Qui de Rovane, Bil Aka Kora ou Alif Naba va succéder à Dez Altino ?- Stage international de danse d'Afrique de l'Ouest à Koubri, Burkina Faso du 27 avril au 2 mai 2014 - "LES MARLEY D'OR", trophées de la musique reggae au faso le 11 mai 2014 au SIAO Le Festival International du Rire et de l'Humour de Ouagadougou ( FIRHO 2014) se déroulera selon le programme ci-après : 30 mai à la maison du peuple, 31 mai, Gala à Azalai Hôtel et le 1erà Faso Parc– Pour lire toutes les annonces, Cliquez ici ! >> Pour lire toutes les annonces, Cliquez ici ! >>
+

Entretien:

 Liens Utiles :
 
 
Pour tous vos projets audio-visuels
 
Le 8 Mars Artistique
 
 

Village artisanal de Ouagadougou

application facebook

 

 
   
   
   
   
   
   
 
 
 

 

 

 

 

 

 

Alassane KERE, Journaliste culturel

Artistebf du 24 décembre 2012, écrit par Patrick COULIDIATY

 

 

 

Alassane Kéré Chef de Desk "Arts et Culture" aux Editions SIDWAYA

 

 

Publicité

 

Notre musique parle, mais localement !

Il est aujourd'hui l'un des doyens des jounalistes culturels actifs sur le terrain. Alassane Kéré est un jeune homme au sang bouillant, un garçon au franc parlé, qui aime bien son métier, bref c'est un un gros bosseur. C'est sans doute ce mérite professionnel qui a ait de ce journaliste, Chef de Desk "Arts et Culture" aux éditions sidwaya, un quotidien d'Etat. Mais avant, Mr Kéré a travaillé dans l'un des premiers journaux privés du Burkina, l'observateur Paalga, particulièrement à l'obs dimanche.

Paralllement à ses fonctions, il est secretaire général d'un événementiel culturel, le "Trio Gagnant".

Ancien étudiant de l'Université de Ouagadougou et de l'Institut des Sciences et Techniques de l’information et  de la Communication (ISTIC), Alassane Kéré (notre invité de la semaine) apparait aujourd'hui comme étant un interocuteur crédible, avisé des problèmes culturels et du Show biz burkinabé. Nous l'avons rencontré cette semaine; voici ce qu'il nous dit :

Je suis journaliste aux éditions SIDWAYA, Chef de Desk "Arts et Culture". J'ai étudié à l'université de Ouagadougou et à l'Institut des sciences et techniques de l’information et  de la Communication (ISTIC). Sur le plan Professionnel, j'ai fait mes armes dans le journalisme à L'Observateur paalga où nous avons été engagés comme pigistes. Je m'occupais de l'Observateur de Dimanche sous la direction de mon maître de stage Cyr Payim OUEDRAOGO. Nous avons travaillé à remonter l'audience du journal  et on a même été primé meilleur magazine culturel du Burkina lors de  l’événement "BURKINA SHOW BIZ AWARDS"
A Sidwaya,  je m'occupe des arts et de la culture.  Aujourd'hui, avec la nouvelle direction, j'ai été d'avantage responsabilisé pour faire de 3Sidwaya  mag plus", un journal au parfum de tout ce qui est activités artistiques et culturelles du Burkina Faso. On est donc en train de travailler à le restructurer. Bientôt,  les gens verront Sidwaya Mag plus dans sa nouvelle version axé sur les Arts et la  Culture.  C'est vrai qu'aujourd'hui, on a fait beaucoup pour les arts, mais il y a toujours des valeurs culturelles qui se meurent dans ce pays.  Beaucoup de valeurs culturelles ne sont pas sous les projecteurs et notre mission sera de changer la donne en mettant l'accent sur ces valeurs culturelles au Burkina Faso.


Ce qui veut dire qu'auparavant Sidwaya ne répondait pas aux attentes de la maison?
Si! Sidwaya avait beaucoup de titres et on était obligé de se séparer de certains titres. C'est stratégique au fait !  Sinon, Sidwaya Mag plus  est un journal à part entière (un hebdomadaire). Mais aujourd'hui, il est devenu un supplément. C'est bien de créer un journal mais faut-il encore pouvoir le rentabiliser. Comme je le dis, la hiérarchie a fait confiance à la jeunesse et nous relèverons le défi. Il fallait nécessairement séparer un peu les choses et c' est pourquoi, il y a un desk uniquement "arts et culture" pour donner beaucoup plus de visibilité à tout ce qui est activités artistiques et culturelles au Burkina.
Est-ce que la réduction en supplément de " Sidwaya Mag" n'était pas liée  à des contraintes financières du fait de l’absence de lectorat pour ce magazine ?
Non. Sidwaya mag plus ale même nombre d'abonnés que Sidwaya quotidien. Mais le problème réside au niveau du comportement du monde artistique qui pousse les responsables des journaux à faire des choix difficiles. Par exemple,  vous écrivez des articles pour un  artiste; au lieu d'acheter le journal pour vous permettre d'exister, ils  passent le temps à le quémander aux journalistes ou aux voisins. Certaines personnes aiment lire les journaux, lire les entretiens qu'elles ont accordées aux journalistes, retrouver leurs images dans les colonnes des journaux, mais elles ne  sont pas prêtes à payer; elles veulent la gratuité. Imaginez que vous passez des nuits blanches à rédiger un article sur quelqu'un et au lieu que ce dernier cherche à acheter le journal, il  vous le demande gratuitement; c'est insultant ! Si les journaux comme Sidwaya Mag plus, L’Observateur Dimanche et Evasion  continuent de vivre, c'est parce que  les promoteurs de ces journaux sont financièrement assis. Sinon,  ces journaux n'hébergent aucune publicité à même de les permettre de survivre. A votre avis,  est-ce qu’un journal peut vivre sans insertion publicitaire ?  Nous voyons des journaux culturels qui naissent et qui disparaissent au bout de trois, quatre mois, c'est dommage !
Vous êtes le  Secrétaire général d'un évènementiel " LE TRIO GAGNANT" Comment justifiez- vous  le choix porté sur votre personne ?
C'est Baz Bill qui m'a fait appel et m'a mis en contact avec le promoteur. On a décidé de mettre en place une équipe à la tête de laquelle, ils m’ont placé. Mais je crois qu'ils ont peut-être  voulu quelqu'un qui a une expérience dans le milieu culturel et dans l’organisation d’événementiels. Je crois que c’est cela qui a joué à ma faveur.
Comment comptez vous réussir dans cette mission quand on sait qu'il  existe déjà des  évènementiels  similaires et qu'à la longue, il  est fort possible que vous partagez les même sponsors?
Premièrement, il faut croire à la chose.  Nous  voulons apporter une touche  originale et particulière à la musique burkinabè. Le "trio gagnant" n'est pas forcement l'artiste le plus talentueux, mais c’est l'artiste le plus aimé, la chanson la plus aimée du moment.

A travers le trio gagnant, nous voulons donner un pouvoir de décision aux mélomanes 

 

.A travers ce concept, nous invitons le public à faire leur choix sur leur chanson préférée du moment. Tout ce que vous dites est beau ; mais sans sponsor, il vous sera difficile de tenir !
Comme je vous le disais tantôt, il faut d’abord  croire en ce que vous faites ! Ensuite, il faut se battre et se sacrifier pour la cause avant de faire appel  à de tierces personnes.  Compter uniquement sur les sponsors ne marche pas. C’est vrai que beaucoup de sponsors se réclament être  des entreprises citoyennes, mais j’en doute ; parce que jusque-là, tous ceux  qui se sont engagés dans les évènementiels deviennent de plus en plus chauves à force de promesses non tenues.

Qu’est-ce qu’ils veulent ? Que les gens viennent se mettre à genoux et les supplier avant qu'ils ne sponsorisent. Certains sponsors ne régissent favorablement que s’ils savent que vous avez  la caution ou le parrainage d’une personnalité du pays. C’est vraiment regrettable que les promoteurs culturels soient obligés de passer par cette voie. C’est même dangereux pour notre culture. Certains vous font des promesses et vous lâchent à la dernière minute. C’est la triste réalité. Mais heureusement, certains sponsors ont un esprit citoyen. Ils accompagnent les événements culturels. C’est avec ceux-là que nous travaillons pour  valoriser la culture du Burkina Faso. Mais e confirme que  nous sommes un évènement complémentaire des autres évènementiels déjà existants. Maintenant, il appartient aux sponsors de décider.
En tant que journaliste et promoteur culturel, comment appréciez-vous la musique burkinabè?
Quoiqu'on dise, aujourd'hui la musique burkinabè a vraiment évolué, parce qu'à l'époque, à part Georges OUEDRAOGO, nous ne connaissions personne; c'était l’icone. Sérieusement, on était coincé par les frères ivoiriens, maliens et guinéens. On était replié et en termes de musique, on n'avait pas voix au chapitre. Mais Dieu merci, parce qu’aujourd'hui, les conditions sont réunies : les gens ont beaucoup d'inspiration, on a des studios, des arrangeurs, des managers professionnels. Notre musique est en train d'évoluer, il y en a en qualité et en quantité.
A vous entendre, la musique burkinabé va bien ?
Non tout ne va pas bien ! Tant qu'on ne sera pas sur la scène internationale, c’est Zéro ! Nous devons réussir à exporter notre musique.
Et comment faire pour y être?
Il faut faire des musiques de qualité. Notre musique parle … mais localement ! Aujourd’hui, les radios arrivent à jouer du matin au soir notre musique, ce qui n'était pas possible avant. Pour qu'une musique soit reconnue aujourd'hui, il faut qu'on soit sur la scène internationale, il faut qu'on ait une identité musicale. Il nous faut des adresses à l’international; voire un lobby de la musique burkinabè à l’extérieur. Victor DEME le fait déjà mais il est souvent confondu aux musiciens maliens parce qu'il fait du mandingue. Certains musiciens arrivent à jouer dans la sous-région, aux Etats Unis et en Europe grâce aux associations de nos diasporas.
A qui la faute ?
C'est la faute aux promoteurs. Le seul carnet qu'on a, c'est le carnet qui permet de faire venir les gens chez nous sans qu’on ne puisse faire voyager les nôtres. Voilà ce qui manque à notre musique. Heureusement qu’Ali DIALLO essaie de faire sortir notre musique à travers son réseau. Mais à lui seul, il ne peut pas. A côté de ce Monsieur, il y également les Kundé qui essaient de faire connaître notre musique en Côte d'Ivoire. Le Trio gagnant apportera aussi ses idées pour un réel rayonnement de notre musique hors de nos frontières.
Et que dites-vous de notre « Warba » et « liwaga » ?
Le « warba » peut sortir à condition qu’on ait des relations parce que la musique est une rencontre. Les gens ne connaissent pas notre musique, si on arrive à jouer sur la scène internationale et on réussit à convaincre le public d'acheter notre musique, ça ira. On a de grands musiciens qui peuvent s’imposer sur la scène internationale.
Donnez-nous également votre appréciation sur le journalisme culturel au Burkina?
Les journalistes culturels font un boulot formidable. C'est la passion. Malheureusement encore, ce sont des gens qui évoluent complètement dans un monde d'ingrats. Mais c'est ça aussi notre croix ! Je ne dis pas que tous les artistes sont ingrats mais plus de la moitié le sont. Tu peux rendre service à un artiste mais en retour, c'est lui qui te noie. Ce qui manque dans notre milieu, c'est la formation, il manque crucialement de spécialistes. Le journaliste culturel touche à tout : mode, danse contemporaine, musique, etc.). A mon avis, il est souhaitable que chacun se spécialise au moins dans un domaine. Grâce la création de l'Association des Journalistes et communicateurs pour la Culture(J2C),  des formations ont été effectuées dans le domaine du théâtre. Aujourd'hui, on ne peut pas être journaliste culturel sans être critique; ce qui ne veut pas dire qu'il faut détruire; il faut avoir les clés de ces critiques. Les conditions de vie des journalistes culturels sont difficiles. Il y a des gens qui n'ont pas dix mille francs par mois dans leur organe et on dit que nous sommes des corrompus. Au contraire, nous sommes exploités par les gens. C’est vrai qu’on ne sera jamais riche en étant journaliste culturel, mais nous n’allons pas tronquer notre dignité pour si peu.
Quelques suggestions ?
Le travail paie toujours, ceux qui travaillent sont toujours sollicités, ce n'est pas parce qu'ils sont meilleurs mais ils font un effort pour être au dessus de la mêlée. il faut reconnaître ses limites et se cultiver. Aussi, il faut que le Ministère de la Culture nous trouve des formations ici ou à l'extérieur du Burkina. Si on n'est pas formé, on va toujours tâtonner.

Décembre 2012

 

 
Publicités

Conseil des Ministres

 

Littérature burkinabé