Directeur de publication du Journal Satirique JJ
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Cette semaine, Artistebf est allé à la rencontre d'un dessinateur de presse longtemps présent dans le milieu de la presse écrite. Ce dessinateur que nous avons classé expressément comme un artiste, est beaucoup plus connu par ses œuvres que par son nom. Glez (glé), c'est de lui qu'il s'agit. Il est franco-burkinabé et directeur de publication délégué du journal satirique "Le journal du Jeudi (JJ)". C'est un homme timide, comme il le dit lui-même; taille 1,72 environ. Pour vaincre son "mal", Damien GLEZ, n'a pas eu recours à un spsycologue. En effet, après un "auto bilan psychologique" et "un auto diagnostic", il n'a pas trouvé de meilleure thérapeuthie que de dessiner. Dessiner …encore dessiner et surtout caricaturer. Son public cible : le Président Blaise COMPAORE et le maire de Ouagadougou.
Aujourd'hui, Artistebf l'a aussi caricatuer pour contribuer non seulement à plus de visibilité à ses œuvres, mais aussi pour tester sa sensibilité. Comme il aime caricaturer les autres, nous lui avons aussi renvoyé l'ascenseur en déformant au maximum son image. Suivez le reste de son portrait dans les lignes qui suivent :

Je m'appelle Damien GLEZ. Je suis dessinateur de presse. Les dessinateurs de presse sont souvent des personnes polyvalentes parce qu'elles sont à la frontière de plusieurs métiers. Je fais un peu du journalisme et j'enseigne aussi à l'université de Ouagadougou. Mais mon métier principal est celui de dessinateur de presse.
Artistebf (Art.) : Le dessinateur de presse est-il différent des dessinateurs ordinaires ou des autres peintres de la place ?
Damien GLEZ (D.G) : Oui, il y a des dessinateurs illustrateurs ; des dessinateurs de bandes dessinées, un autre métier qui consiste à raconter des histoires par le dessin. Pour ce qui nous concerne, nous sommes des êtres hybrides parce qu'on est un peu dessinateur, journaliste à cause de nos contenus éditoriaux et un peu humouristique. Voilà un peu ce qui fait la particularité de notre métier.On n'est pas des artistes à 100 %.
Art. : Y a-t-il une différence fondamentale entre le dessin et la caricature ?
D.G : Alors ça , c'est une question de vocabulaire. Au sens premier, la caricature, c'est le fait de réprésenter quelqu'un de connu de façon décallée. Dans le dessin de presse, on utilise la caricature et on ajoute autre chose.

| Je soigne ma timité grâce au dessin et à la lecture . Si vous en souffrez, venez à ma suite ou " câblez"-moi tout simplement au "Dromadaire City " ../ Thank -u ! |
Art. : A travers vos scènes de caricatures, peut- on déjà considérer Mr GLEZ comme un artiste-comédien ?
D.G : C'est peut-être le contraire ! En général, les personnes qui se mettent à dessiner, sont des personnes qui ne parlent pas beaucoup. Ce sont des gens timides, ils ont du mal à communiquer. L'écriture ou le dessin sont des voies par lesquelles les gens timides cherchent à communiquer. Moi j'ai commencé à dessiner tout petit. Un jour, j'ai vu des carricatures qui m'ont impressionné et c'est comme ça que je me suis lancé dans le dessin et j’y suis resté. Des années plus tard, je me suis ensuite spécialisé dans la caricature et c’est de cette manière que j'ai commencé à traiter l'actualité.
Art. : Comment réalisez-vous les scènes de caricatures ; à partir d’un support visuel ou simplement de l'imaginaire ?
D.G : Pour ce qui est de la représentation des personnages, j'utlise toujours des photos. Le reste, la mise en scène et autre vient avec l'inspiration. Je n'utilise pas de logiciel spécifique. je dessine à la main.
Art. : Vous vous êtes révélé au grand public burkinabé grâce à l’hebdomadaire satirique le Journal du Jeudi. Quelle a été votre réaction dès qu’il s’est agit de dessiner le Président Compaoré ?
C'était passionnant ! D'abord je ne pensais pas pouvoir devenir un dessinateur professionnel. En France, je n'ai pas cherché à le devenir parce que là-bas, la presse est un peu « blasée » . C'est une presse qui a plus de 100 ans d'existence; les lecteurs professionnels ont tout vu ou presque; donc les carricatures ne les impressionnent plus. Quand je suis arrivé à Ouagadougou, c'était encore sous l'Etat d'exception et durant la transition vers l'Etat de droit, il y avait toute une floraison de journaux. C'est à cette période que j'ai rencontré Mr Boubacar DIALLO qui avait sous le bras son projet de création de journal satirique. Au début, ça n'a pas été facile parce que nous ne savions pas comment les gens allaient réagir à la parution du 1er numéro. Il a fallu donc progressivement qu’on travaille à repousser les frontières de l'acceptable. Donc, la toute première chose que j'ai faite c'était de dessiner le Président du Faso. Au début, on nous prenait pour des provocateurs.

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Glez est aussi un bon samaritain. Il a offert les ventes de ses expositions ( près de 630 000 frs ) à un orphélinat du Burkina. En ces temps de vaches maigres, nous souhaitons que de tels gestes se multiplient. Mais qu'en sera-t-il maintenant s'il venait de suite à sortir de sa timidité ? Dieu nous garde ! |
Au fil du temps, nous avons compris que ce n'est pas le fait de réprésenter le Président sous cet aspect qui créait le plus de réactions. Le président COMPAORE lui-même, n'a jamais réagit ni positivement ni négativement à nos carricatures. Par contre, il y a d'autres personnes qui ont réagi de façon désagréable notamment des ministres qui appelaient parce qu'ils se sentaient scandalisés. Mais il faut les comprendre parce que la caricature n'est pas forcéménet naturelle et quand on ne la connait pas, on n'est tout de suite choqué.
Le poids le plus sensible que nous avons rencontré, c'est après deux ou trois numéros quand il s'est agi de dessiner Thomas SANKARA. Là, nous nous sommes rendu compte que nous venons de toucher à un point sensible. Comme à l'époque, nous n'avions pas d'imprimerie, on allait à Sidwaya pour le faire. Un jour, l'imprimeur de SIDWAYA nous a dit que ce n'était pas possible. C'était très délicat de dessiner SANKARA que de dessiner Blaise COMPAORE. Après, il y a d'autres tabous que nous avons rencontrés autour de la réligion et un peu autour du sexe. C'était à l'époque où la rumeur courait les rues autour du sexe qui disparaissait lorsqu'on vous serrait la main.
Art. : Comment se porte le journal ? Est-ce qu’il se vend bien ?

D.G : Le Journal fonctionne bien. D'abord pour deux raisons : Nous sommes une petite structure assez modeste et nous avons un lectorat assez stable. Je vous informe pour l'occasion que JJ (Journal du Jeudi) va fêter ses 20 ans cette année. Dans la sous région, il n'y a pas de journaux similaires comparables tant du point de vue expérience que de la longévité. Il y a eu de grands journaux qui ont été plus spectaculaires au Sénégal et au Togo par exemple, mais qui n'ont pas forcément tenu longtemps. Nous sommes une strcuture assez légère avec 3 Journalistes permanents. Sur le plan économique! Le Journal a essayé de diversifier ses activités grâce l'unité d'imprimerie que nous avons mis sur place et qui permet d'offrir d'autres services. Aussi, avons-nous créé une antenne audio-visuelle qui s'appelle " les films du dromadaire ".Cela veut dire qu’on a des revenus qui nous permettent de nous en sortir.
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