Nos pages du cinquantenaire avec >
KUNDE 2012 : Eugène Kunker sacré lauréat !!
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| Seydou Richard TRAORE | |||||
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PDG DE SEYDONI PRODUCTION Le paysage musical burkinabé se porte de mieux en mieux ; en tout cas, bien mieux qu'hier, au temps où les artistes se rendaient en Côte d'Ivoire, au Bénin ou en France pour produire leurs albums. Comme le disait un de nos invités, " les choses ont beaucoup bougé au niveau de la culture, particulièrement dans le domaine du théâtre et de la musique. Il y a une certaine évolution dans le showbiz burkinabé et surtout ces dix dernières années. Aujourd'hui, on n'a pas besoin d'écouter de la musique des pays étrangers pour se sentir satisfait. Nous avons au plan national des musiciens de talent qui font un travail remarquable. Il y a quelques années, c'était la musique zaïroise, ivoirienne ou même malienne; mais à ce jour, nos artistes nationaux font un excellent travail qui nous dispense de recourir forcément à l’extérieur".
Ici, une assitante de Direction se tient à votre disposition pour tous les renseignements Pour ceux qui ne le savent pas encore, Seydou Richard TRAORE est un économiste titulaire d'un MBA (Master of Business Ad: Université de l'Etat de Washington USA, obtenu en juin 1982 .Il a suivi des Cours en Sciences Politiques (niveau Master) et Cours internes en Economie du développement (USAID et Banque Mondiale). Il est Président fondateur de plusieurs grandes Sociétés dont: la Société Africa Link AB, Suède en juin 1989, la Société Anonyme CDT International AB, société de Négoce et de Financement en mai 1991, le groupe SEYDONI avec des sociétés au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire et au Mali en 1989. Seydou Richard TRAORE est aussi auteur de plusieurs publications . Comme distinctions honorifiques, en plus de son Certificat d'Ambassadeur de Paix (FPU, il est Officier de l'ordre de mérites des Arts, des lettres et de la communication. (Voir C.V. ). Voilà ! c'est avec cet homme pétri d'expériences qu'Artistebf s'est entretenu cette semaine.
Notre chargé de la visite guidée sur les lieux Artistebf (ART) : Avant de parler de musique, pouvez-vous nous confirmer que vous avez évolué dans le cinéma ? Seydou Richard TRAORE (SRT) : C'est vrai, j'ai eu à jouer dans le film de Yonli Réné Bernard dans les années 1973-1975. Ce fut le 2ème film de long métrage du Burkina qui a eu le 2ème prix au FESPACO 1975. A cette époque, j’étais à l’université de Ouagadougou puisque j’ai obtenu mon Baccalauréat Le réalisateur cherchait un comédien pour jouer le rôle d'un fiancé. Dans le film, mon père et le père de ma fiancée étaient de partis opposés et c'est cela qui était le nœud du problème parce qu'on ne pouvait pas se marier. Le titre du film était "SUR LE CHEMIN DE LA RECONCILIATION " ART: Après ce film, Seydou Richard TRAORE n'a plus cherché à jouer dans aucun film. La comédie n'est pas peut-être votre genre ? SRT : Non ! ce n'est pas que la comédie ne m'a pas intéressée. En fait, je n'avais pas à l’idée de faire une carrière de comédien. On est venu me chercher pour faire un film. C'est tout !. c’est vrai que j'étais étudiant mais j'étais aussi auteur compositeur chanteur et c'est à ce titre qu'on est venu solliciter mes services . ART: La Maison SEYDONI est comme laisser pour compte depuis sa création en 1998. Le Président Fondateur que vous êtes ne semble plus résider au Burkina encore moins s'occuper de la structure. Enfin, vous êtes comme effacé du marché, du SHOW BIZ et des Médias. Comment expliquez-vous cet état de fait ? SRT : Je tiens à vous signaler que la maison SEYDONI n’existait pas en tant que tel en 1998. A cette époque, la société CDT International qui fait du commerce général est créé à son sein une division appelée SEYDONI PRODUCTION qui, par la suite est devenue une société anonyme au capital de un milliard deux cent dix sept millions sept cent soixante mille (1 217 760 000) à partir de 2006. SRT : En tant que Président Fondateur, je n’ai jamais délaissé SEYDONI BURKINA S.A.. Je fais la navette entre les deux pays et je participe de près à toutes les activités avec le biais de la nouvelle technologie telle que l’Internet et les appels téléphoniques.
ART: Arrivez-vous à bien vous occuper de la maison SEYDONI BURKINA étant à l’extérieur ? SRT : Le fait de mon absence répétée du Burkina Faso a donné l’impression que je ne m’intéresse pas à la structure, mais il faut signaler qu’en Suède je ne mène trois activités :
ART: Pourquoi avez-vous choisi la Suède pour investir ? SRT : J’ai choisi la Suède pour raison familiale. J’ai fait la connaissance de mon épouse aux Etats-Unis quand nous étudions à l’université de Washington State. Elle faisait un Master II en Economie Agricole et je faisais un Master II (MBA). Nous nous étions promis de faire des séjours tournant dans notre pays d’origine en Suède au Burkina Faso. Présentement c’est à son tour de venir au Burkina et cela ne saurait tarder. ART: Vous venez de nous parler d’une de vos structures qui finance les spectacles et les tournées artistiques. Est-ce que les artistes burkinabé pourront bénéficier de vos services ? SRT : Mais bien sûr. C’est ce que nous allons essayer de développer. Ce sera non pas seulement une simple invitation mais des tournées au niveau de l’Europe. C’est une idée qui s’inscrit en droite ligne de nos activités. Seulement, il faut avoir un spectacle qui peut se vendre là-bas. La musique en tant que telle ne suffit pas ; il faut un show. Si tu viens chanter en mooré ou en dioula, une chanson qui ne fait pas bouger sur scène, ça ne passera pas. J’ai déjà fait venir par exemple le « DJAMANA PRODUCTION » et SALAKA Vince en Suède il y a plus de quinze ans de cela.
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Aujourd'hui dans LE QUOTIDIEN SIDWAYA >
ART: Vous étiez en concertation la semaine dernière avec les acteurs évoluant dans le Showbiz. De quoi avez-vous parlé ? SRT : Je leur ai porté l’information selon laquelle, SEYDONI BURKINA est ouvert. En fait, c’est évident puisqu’on n'a jamais fermé. Aussi, contrairement à ce que les gens pensent, en 1999, SEYDONI n’était pas constituée en société mais c’était plutôt une division de CDT. En son temps, c’était les ressources de CDT qu’on utilisait comme couveuse pour faire la promotion des artistes. Aujourd’hui, l’investissement n’est pas de retour ; il y a eu beaucoup de pertes. En dehors de cet investissement, nous n’avons pas encore eu le soutien de l’Etat pour juguler le coût social de la production musicale. Je compte rencontrer les autorités pour mieux présenter la situation. ART: Ce qui veut dire que SEYDONI BURKINA ne veut plus tout financé seul. La baisse des ressources de SEYDONI vient-elle de la mauvaise gestion ? avez-vous trop baissé le prix de vente des cassettes de 1500 à 1200 pour les rendre accessible ? SRT : Je vais vous donner un exemple. Concernant d'abord le prix des cassettes parce que là, c'est important. Lorsque je produisais mon dernier album en 1982, la cassette (L.P) était de trois mille (3 000) FCFA avec une tendance à la hausse. Cependant à la création de SEYDONI, la cassette légale était vendue à mille cinq (1 500) FCFA tandis que les pirates, eux, les vendaient à mille deux cent (1 200). Nous étions dans l'obligation de baisser les prix. Nous n'avons pas ramené le prix de la cassette de 1 500 à 1200 parce
que nous le voulions; non ! C'était la loi du business qui nous le commandait ainsi. On n'avait pas le choix !. Je me rappelle encore que nous avions tenue une réunion pour suivre le cours du marché. C'était une stratégie parce qu'on ne peut pas être nouveau sur un marché et être plus cher que tout le monde. Tout compte fait, les pirates gagnaient toujours parce qu'ils ne payaient pas de douanes. Comme je m'étais déjà lancé dedans, je me disais que je pouvais bénéficier du régime C. En effet, le code des investissements au Burkina Faso prévoit au cas où une entreprise emploi 50 employés avec un investissement de plus de cinq cent millions (500 000 000) FCFA, que l'entreprise puisse bénéficier de 5 à 6 ans d'impôts sur le bénéfice exonéré ; donc, plus de taxes. Mais on ne m'avait pas dit que ma matière première (bandes vierges et les C0 et boîtiers) qui allaient venir devrait être taxée à 46 %. Les 50 employés qui travaillaient pour moi me revenaient à dix millions (10 000 000) par mois. Toutefois, je reconnais qu'il y a eu mauvaise gestion à SEYDONI. La société a été trop généreuse à l’endroit des artistes pour ce qui est surtout des royalties versées. La direction n’a pas été suffisamment vigilante au départ parce qu’en réalité, ce qui était versé aux artistes ne provenait pas forcément de l'activité musicale. ART: Sur quoi porte l’exemption sur les droits de douanes et les taxes ? SRT : Conformément au code des investissements du Burkina, j'ai pu importer tout mon matériel de l’usine sans douanes. Mais l'Etat ne m'a pas exempté du droit de douane sur la matière première et cette charge illustre les difficultés que nous avons eu à rentabiliser l’opération. Ensuite, prenez mes 50 agents que j'employais et cela me revenaient à une masse salariale de dix millions (10 000 000) par mois. ART: C'est quand même inquiétant parce que si vous ne vendez pas bien, comment vous en sortir avec tout cet investissement et les charges que nous venons de découvrir ? Par conséquent, pour nous en sortir, nous avons diminué le staff, nous avons déménagé dans des locaux moins coûteux. Nous avons aussi procédé à une stratégie de travailler sous contrat avec des compétences à l’extérieur de notre structure. La structure SEYDONI BURKINA est présentement légère et nous sommes prêts à repartir avec la distribution et la production sur le bonne base. Nous espérons que la BBDA continuera sa lutte pour arrêter les pirates qui s’opèrent à Ouaga ou à l’extérieur. A SEYDONI, nous voulons rester dans la légalité et nous voulons être un exemple dans ce sens.
ART: Quel est exactement votre programme d’actions ? SRT : A SEYDONI, nous pouvons le résumer en quatre points :
ART: Monsieur Traoré, quel est aujourd'hui l'Etat de lieux de la musique burkinabé ? SRT : Il faut savoir que les 40 premières années étaient avant SEYDONI. Quand nous sommes arrivés, nous avons fait en un an ce qui avait été fait en 40 ans en matière de sortie discographique. Même si on ne l'a pas dit pendant le cinquantenaire sur la musique, l'arrivée de SEYDONI a permis de faire en un an un grand record. Le Boost était si important qu'une seule structure ne puisse à elle seule arriver à bout sans l'appui de l'Etat. Aujourd’hui, la production au niveau de SEYDONI s’est ralentie et cela a poussé de nombreux artistes à s’auto produire en allant vers d’autres studios de plus petite taille.
Juste un sourire quand le montage est terminé ... Nous avons démarré la production sur fonds propres et pour maintenir le rythme, nous étions obligés de s’endetter au niveau de la société CDT International. Je trouve cela héroïque. Mais en même temps, ce n’est pas le plus rentable parce qu’un commerçant à notre place ne le ferait pas. Il préférerait payer son sucre ou son riz pour le revendre au lieu d’investir dans la musique. Ensuite, quand l’œuvre sort du studio et que l’artiste entend la musique à la radio, il croit que vous brassez des millions alors que vous n’êtes même pas rentré dans vos fonds. A l’heure actuelle, les musiciens burkinabé s’auto-produisent parce qu’ils ne trouvent pas de producteur. Dans ce manque de moyen que certains clips sont bien faits tandis que d’autres restent encore à parfaire. ART: Les artistes n’ont pas les moyens pour produire des œuvres de qualité et il n’y a pas non plus de sponsors pour les accompagner. C’est là le problème. A votre avis, comment amener les opérateurs économiques à investir dans la musique ? SRT : Vous avez vraiment dit un mot clé parce que le mot sponsor ne sied pas. C’est vrai qu’en tant qu’artiste, nous avons toujours cherché des sponsors pour produire nos œuvres. Il faut plutôt des investisseurs dans la musique. Or, un investisseur regarde le retour sur son investissement ; il ne fait pas de cadeau. A ce sujet, je peux dire que SEYDONI était le seul investisseur institutionnel de la place qui prend des crédits bancaires pour investir dans la musique. Les investisseurs ont peur de produire des albums qui pourraient tomber deux semaines après aux proies à la piraterie parce que l’environnement économique n’a pas été nettoyé. A ce sujet, sur le plan économique on pourrait le raisonnement suivant : « si je produis des mangues, j’ai un verger. Je veux que l’Etat fasse la route qui me permettra d’arriver au marché avec mes mangues. Mais je ne peux pas investir des milliards à faire une route parce que je veux aller vendre mes mangues. Par contre si l’Etat fait cette route, il pourra me taxer en tant qu’usager de la route afin de renflouer ses caisses». Vous voyez ! c’est donc à l’Etat de déblayer le terrain. Mais en attendant, il appartient à l’artiste de s’auto financer au lieu d’attendre que quelqu’un vienne le pousser. Je ne voudrai pas donner de leçons à personne. Je dis seulement aux artistes, que SEYDONI est dirigé par un artiste. Donc, je comprends parfaitement leurs préoccupations. Sur le plan artistique, on peut s’entendre pour avancer ensemble pour nous faire de l’argent. Il faut surtout le prendre sur le plan affaire et de l’entre aide.
Ici, nous sommes dans la salle de montage : Seydoni dispose d'un personnel compétent et du Matériel performant Au niveau de l’Etat, c’est dommage qu’on pense plus à la filière coton qu’à la filière musique. Si c’est pour produire du coton, dès que vous voulez semer, on vient vous aider. On vous donne des pesticides. Après, l’Etat s’endette pour soutenir la SOFITEX afin de transformer le produit. On vous aide même à exporter votre coton sur la Chine ou sur les Etats-Unis. Mais pour la musique, l’artiste doit se débrouiller pour trouver ses magnétophones, un arrangeur, une maison de production pour finaliser son œuvre. A la fin, il est bloqué parce qu’il n’a pas les moyens pour aller sur les ETATS UNIS ou sur la Chine pour vendre. Donc, il reste à Ouaga, l’œuvre meurt à Ouaga et tout le monde s’en fout ! Les artistes ont aujourd’hui comme l'impression que la musique n'est pas la priorité même certaines autorités le disent malheureusement : " la musique n'est pas la priorité. C'est vraiment une erreur parce qu’avec de tels propos, la culture se meurt. C'est vrai que les artistes ne le disent pas mais je me rends compte qu'ils sont les plus fâchés actuellement. Ils sont pétris de talents, ils ont des idées mais hélas… ! C'est comme une femme en grossesse qui tarde à accoucher; ça fait des frictions, ça énerve !
Mai 2011
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