Une cinéphile, à propos du film de Boubacar DIALLO
Quelles sont vos impressions après avoir vu ce film de Boubacar DIALLO ?
Très bonnes. Je trouve cette initiative très courageuse. On sait que le financement des films africains est un vrai parcourt de combattant. L’initiative de réaliser un tel film est très courageuse à ne voir seulement que le décor, les costumes, tout ce qui touche à un thème comme celui de l’esclavage, la vie desafricains des XIVème et XV ème siècle. C’est vrai que les gens sont beaucoup favorables pour des thèmes modernes qui lui coûteraient bien moins chers. Mais pour avoir osé un tel projet, je lui tire mon chapeau !
Elle est une artiste comédienne du Sénégal. Présente presque à chaque édition du FESPACO , cette actrice est membre cette année du Jury. Nous ignorons les critères pour faire parti d’un Jury de FESPACO, mais le moins qu’on puisse dire pour Rokhaya Nian puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est certainement sa forte personnalité qu’elle incarne, son sérieux, sa discrétion enfin, son expérience dans le domaine. En plus, c’est une actrice très ouverte, discrète et disponible.
De notre avis, à l'instar des comédiens du Burkina, c'est une comédienne de belle facture à recommander aux réalisateurs et à tout opérateur culturel. Nous l’avons rencontrée au FESPACO et elle nous a confié ses impressions : la suite ici >
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Palmarès de l’édition 2009
« Teza » de Haïlé Guérima fait l’unanimité
En plus de 10 millions de FCFA que lui confère le premier prix, « Teza » remporte plusieurs prix spéciaux dont celui des critiques africains, preuve de la qualité du film. Le film primé raconte l’histoire de l’Ethiopie des années 1970-80 sous la dictature de Haïlé Mariam Mengistu : viols, tortures, meurtres caractérisent la vie de ce pays qu’un jeune scientifique idéaliste a quitté pour aller poursuivre des études en Allemagne avant d’y revenir pour, dit-il, mourir. C’est une œuvre qui évoque des thèmes comme l’immigration, le racisme, la guerre, mais aussi la position difficile de la femme éthiopienne. En rappel, au Festival de Venise en 2008, « Teza » avait obtenu le Prix spécial du jury et celui du meilleur scénario. La productrice du film et sœur du réalisateur, Salomé Guérima, qui a représenté le réalisateur, a reçu le trophée le plus prestigieux du festival du président du Faso, Blaise Compaoré, lors de la cérémonie de clôture le 7 mars dans la soirée au Stade du 4-Août. Que retenir de ce réalisateur de l’Ethiopie ? Né en 1946 dans son pays, Haïlé Guérima a émigré aux Etats-Unis en 1968 où il est devenu membre de l’école des cinéastes noirs de Los Angeles. Il est professeur de cinéma à l’université Howard de Washington depuis 1975. Ses films récents sont le « Voyage imparfait » (1994) et « Une victoire africaine » (1999). En attendant de revenir sur d’autres activités du festival, nous vous proposons les différents palmarès ainsi que les réactions à chaud recueillies juste à l’issue de la clôture de la 21e édition. Rendez-vous donc a été pris du 26 février au 5 mars 2011 pour la 22e édition.
Quelques impressions à la cérémonie de clôture
• Gaston Kaboré, président du jury « Il y avait une grande diversité de films à ce FESPACO ; une diversité assez impressionnante dans les histoires qui ont été abordées. C’était assez représentatif de l’état du cinéma africain où il y a des pays à plus forte cinématographie qui sont à même de produire des œuvres ambitieuses et au niveau du cinéma classique et des pays bien qu’ils aient des moyens modestes parviennent à raconter des histoires locales qui ont de la tenue, qui montrent assez de tendresse et de profondeur dans le récit. C’était bien d’avoir cette diversité qui se côtoie, car de toute les manières, il y aura toujours des inégalités entre les capacités économiques et de financement des films. Mais par contre, il y a une parfaite égalité dans le désir que les gens ont de quoi faire des films. Nous avons remarqué la passion, la volonté des jeunes et des moins jeunes qui veulent raconter les rêves qui peuplent leur tête et qui veulent témoigner à propos des gens ordinaires qui vivent dans des sociétés en pleine mutation et qui essayent de s’épanouir... Quand on regarde les 18 films en compétition, on est rempli d’énergie. C’est ce que j’ai retenu ».
• Michel Ouédraogo, délégué général du FESPACO « Je tire une satisfaction et une fierté de l’organisation. Nous pensons qu’il est de notre devoir de nous réjouir. Dans l’ensemble, le peuple burkinabè a su accueillir cette manifestation. Nous avons mené des actions de communication comme il le fallait mais tout n’a pas été parfait. Nous allons prendre en compte les critiques, faire notre autocritique et voir comment mieux organiser les prochaines éditions en prenant en compte toutes les remarques ».
• Ahmed Atef, prix du meilleur son avec son film « Les démons du Caire » « Je suis très heureux. S’il y a un mot dans le dictionnaire plus fort que ce terme heureux, je l’utiliserai. J’aime l’Afrique, j’aime le Burkina Faso. Les Burkinabè sont des gens sympathiques, plus sympathiques que d’autres que j’ai connus à travers le monde. Ce ne sont pas des compliments. Le FESPACO est une tribune qui permet de présenter les problèmes de l’Afrique depuis 40 ans. Mon film a été récompensé à un tel rendez-vous, c’est un grand honneur pour moi. Merci au FESPACO, merci au Burkina Faso ».
Missa Hébié, réalisateur du film « Le Fauteuil » « Je suis animé d’une joie immense après toute la galère que nous avons connue pour faire ce film. Nos efforts ont été récompensés. Si le jury et le public ont reconnu ces efforts, ça fait chaud au cœur. Je dédie les prix à tous ceux qui ont contribué à ce film à commencer par ma famille qui a beaucoup souffert de mes absences et de mes nuits blanches ».
• Saint-Pierre Yaméogo, réalisateur burkinabè « Il faut toujours encourager les réalisateurs. Les conditions de tournage sont assez difficiles en ce moment. Quant aux films primés, il y aura toujours des gens frustrés et d’autres contents. Mais dans l’ensemble, avec ce que j’ai vu, le palmarès est assez équilibré. En ce qui me concerne, je suis toujours présent au FESPACO. En 2007, j’y étais avec un documentaire et il y a quatre ans, j’avais un film qui n’a pas été sélectionné. Mais j’ai un projet de long métrage en chantier d’ici à six mois ».
• Kadiatou Doukouré, journaliste « Radio Voix des femmes » au Mali « Cette année, le FESPACO s’est bien déroulé malgré les problèmes de badges. A l’avenir, il faudrait revoir cet aspect pour ne pas décourager les festivaliers. Quant à l’Etalon de Yennenga, le film « Teza » le mérite amplement ».
Source : Observateur paalga |