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Saga Musik

SAGA MUSIK : Les professionnels s'expriment ..

Artistebf du 27/01/12 14h 09

 

La SAGAMUSIK, c'est le salon de la musique africaine dont le but est de rencontrer et d'échanger entre professionnels de la musique. Ils sont venus de différentes régions d’Afrique et du monde pour partager entre professionnels de nouvelles idées autour des différents domaines de la musique . Prévu du 27 au 28 janvier 2012, à l’Institut Français de Ouagadougou, la saga musik avait à son programme plusieurs manisfestations culturelles tels des cafés concerts et des Showcases . Nous avons tendu notre micro à quelques professionnels de la musique, pour connaître les acquis déjà engrangés par ce festival qui est à sa 4ème édition au Burkina et savoir comment les artistes burkinabé pourront bénéficier des belles opportunités d'un tel salon.

SAGAMUSIK qui s'ouvre aujourd'hui par une rencontre entre professionnels, peut déjà savoir quelle sera la suite ?

 

Ali Diallo : Promoteur de SAGA MUSIK
C'est un marché de la musique, de spectacle. Ce matin, nous sommes là pour les rencontres professionnelles avec des professionnels de la musique qui viennent d'Europe, d'Afrique du Nord, d'Afrique de l'Ouest, d'Afrique Centrale et de l'Est. Cette rencontre va se poursuivre jusqu'à 18 h pour faire " LE ONE TO ONE" afin de permettre aux professionnels locaux et aux artistes de rencontrer directement les programmateurs et leur proposer leurs produits. A partir de 19h, nous organisons de café concerts pour permettre aux jeunes talents de pouvoir montrer leur travail.

 


A cette rencontre, apparemment les managers ont brillé par leur absence. Qu'en est-il ?
Nous avons en tout cas passé l'information. A la première édition, on avait eu l'occasion d'avoir beaucoup de manager et de producteurs locaux. Cette année encore, nous avons par le biais des SMS, des adresses électroniques et les médias touchés une grande partie des professionnels. Chacun voit l'intérêt de ce marché et ce qu'il peut en tirer comme avantage. Les managers qui ne sont pas là, c'est peut-être qu'ils ont d'autres intérêts ailleurs.

 

 

KADY TRAORE : Manager au studio ABANZON
Comme on l'a dit dans la salle, il faut que les politiques accompagnent nos initiatives. Au Burkina, on a des administrateurs formés et qualifiés. Mais, il manque les moyens. Nous n'avons pas une politique culturelle qui soit à notre portée. Nous n'avons pas de financement, donc, pas de moyens pour faire tourner les artistes. Faire connaître les artistes à l'extérieur demande beaucoup de moyens et l'implication de tout le monde. Mais nous avons la chance d'avons un festival comme SAGAMUSIK qui est dans un réseau. Malheureusement, ce réseau ne fait tellement son travail, c'est d'ailleurs ce dont je les ai reprochés tout à l'heure. Un réseau qui est présent dans beaucoup de pays africains, devrait pouvoir aider nos artistes à tourner et à se faire connaître déjà à l'intérieur de l'Afrique. C'est ce qui va les aider à sortir facilement en Europe et à se faire un nom. L'an passé par exemple,  les directeurs de festival étaient aussi présents; mais aucun groupe africain ou plutôt burkinabé  n'a été programmé. Ils sont venus, ils ont suivi les spectacles et ils ont même bien apprécié les spectacles mais, il n'y pas eu de suite malgré nos multiples sollicitations. Cette année, je crains fort que ce ne soit encore pareille ! Il faut que ces réseaux soient utilisés autrement que de se contenter d'inviter les Directeurs de festival à venir discuter des mêmes problèmes pour lesquels nous n'avons pas de solutions. L'idéal, à ce qu'il me semble est que ces réseaux se mettent d'abord ensemble. Ensuite, qu'ils choisissent de promouvoir deux artistes burkinabé en 2012 en les présentant à tous les réseaux qui ont des festivals. L'année suivante, ils pourront le faire également pour deux artistes sénégalais, puis ainsi de suite. Ceci à l'avantage d'attirer l'attention du programmateur européen sur ces différents artistes.
Pour ce qui est de l'absence des manager à cette rencontre, je peux dire que c'était pire que ça l'année dernière. Nous nous sommes retrouvés à trois managers. Cette année par exemple, je n'ai pas été invitée pourtant LESSTUDIO ANAZON est maison qui produit des artistes et qui a des managers. On aurait pu nous envoyer une invitation. Je suis venue ce matin parce  que  tout simplement j'ai vu dans le programme des professionnels qui m'intéressaient. Voilà pourquoi je suis là.

 

Nous avons aussi rencontré des Directeurs de FESTIVALS pour savoir concrètement les possibilités pour les artistes africains de pouvoir circuler tant sur le continent africain qu'en Europe .

Comme vous le saviez, la musique africaine est extrêmement riche et présente déjà sur les marchés nationaux et à l'international. Quand on parle aujourd'hui de la "WORLD MUSIC" (musique du monde) c'est principalement en grande partie la musique africaine. C'est vrai qu'aujourd'hui, l'offre devient de plus en plus importante; il y a un renouvèlement des répertoires qui est vraiment là et qui fait que l'offre est plus importante que la demande. En ces temps de crises notamment dans les pays du nord, la circulation devient aussi difficile à cause des coûts des voyages, difficultés d'obtention de VISA, difficultés de participer aux festivals parce que les moyens  sont réduits. Je pense qu'il y a un marché local dans ces zones qu'il ne faut sous estimer. Il y a de plus en plus des manifestations qui se développent dans les pays du SUD qu'il faut regarder avec attention et sur lesquelles il faut essayer de positionner et de  se faire une place. Le fait donc de circuler dans ces zones, permet à l'artiste d'être connu et probablement croiser des professionnels du NORD pour être programmer un jour. Mais, je crois que l'artiste ne doit pas se mettre en tête qu'il faut forcément se produire au NORD pour exister. D'abord, il faut se positionner sur le plan national de manière forte. Il vaut mieux pour un artiste de faire une trentaine ou quarantaine de concerts plutôt que de rester attendre une date unique pour se produire au NORD. Ça n'a pas d'intérêt !
Deuxièmement, on a des artistes exceptionnels dans la région et qui  ne sont pas du tout connus. Donc, il faut bien communiquer. Il faut que les CD arrivent dans les radios européennes pour que l'artiste soit écouté ou soit entendu. Ceci  a l'avantage de créer  l'envie chez les auditeurs d'acheter le disque et permettre éventuellement aux professionnels de les programmer. Enfin, il faut développer des salons internationaux comme le SAGAMUSIK qui est une opportunité extraordinaire pour que les artistes burkinabé et de la sous région  soient connus. Comme nous sommes dans l'arène du "LIVE", il est important  de regarder les concerts et de sentir comment ça se passe avec le public.
C'est vrai que les politiques culturelles en Afrique restent aujourd'hui assez pauvres, une pauvreté  liée non seulement aux moyens des ministères en charge de la culture mais au manque de volonté des politiques à donner la place réelle dévolue à la culture. La culture reste jusqu'à présent dans bon nombre d'esprit, perçue comme étant de la distraction. Donc, la partie économique, la partie pédagogique et artistique est écartée au détriment de l'intérêt qu'apporte la culture en termes de visibilité au pays. Quand on a un artiste exceptionnel qui circule à travers le monde, c'est mieux que n'importe quel ambassadeur. De l'autre côté, il y a un apport économique exceptionnel  en ce sens que l'artiste qui circule dans le monde ramène forcément des devises et pour lui et pour tous les artistes qui l'accompagnent. Ça crée à la fois des devises pour le pays et pour l'artiste. Une économie culturelle ce n'est pas pour occuper les gens mais de créer quelque chose de puissant pour le pays.

 

 

PAPA DARGA : Opérateur Culturel

C'est un cadre d'échancre et de partage d'expérience. La SAGAMUSIQUE, c'est une belle initiative qu'il faut saluer. Mais au vue de cette rencontre, je crois que nous avons du pain sur la planche dans la mesure où nos artistes ne sont même pas bien connus sur le plan régional. Comme l'ont dit les Directeurs de FESTIVALS, il faut d'abord que les artistes se fassent d'abord connaître au niveau africain avant d'être programmé à leur niveau. Donc, il faut que nous accompagnons les artistes dans ce sens et avec l'appui des médias comme Artistebf et SAVANE FM, nous y arriverons.

 

 

 

 

 

Smarty a produit le miracle !

Artistebf du 28/01/12 03h 58

" Il appartient au public d'apprécier."

 

Le miracle a eu lieu et il s'est passé au CCF de Ouagadougou ce samedi 28 Janvier 2012. En effet, le public burkinabé, dans le cadre de la 4ème édition de SAGAMUSIK, a assisté à la renaissance d'un ancien Rappeur mais aussi, à l'émergence d'un nouveau registre de ce ancine membre du groupe YELEEN.  SMARTY , comme pour marquer un point final à son passé a décidé de changer de gamme, d'instrument de musique, de groupe et de registre. Ensuite, c'est un nouveau SMARTY que nous avons vu ce soir avec de belles compositions, bien posées, de beaux textes et de belles rimes. Enfin, un décor inhabituel comme pour dire " c'est terminé, plus rien ne sera désormais comme avant". Le seul élément qui n'a pas changé c'est son public. C'est vrai, là aussi, nous avons vu un public réellement engagé pour la cause de l'artiste. Il y avait comme un sentiment d'appropriation du public sur le burkinabé SMARTY. Il y a des signes qui ne trompent pas. Certes, tout ne se disait pas par leur nom, mais les banderoles elles, parlaient d'elles-mêmes. ( Ci-desous, une image " no comment" )

Le programme prévoyait pour la seule soirée d'hier, les Kunde blues du Burkina faso, le Koudede du Niger, Smarty du Burkina faso et Jah verity du Burkina faso. Smarty , entre Reggae, Rap et musique traditionnelle a su tenir son public en haleine. Ce que nous avons vu ce soir du 28 janvier est réellement un coup de maître comme le témoignent d'ailleurs certains spectateurs :

WENDY : Artiste musicienne
Je vais apprécier le spectacle dans son ensemble. Ce soir, c'est un peu spécial. J'ai trouvé quelque chose de particulier notamment, la diversité. En ce qui concerne spécifiquement SMARTY parce que c'est lui que je connais bien parmi le groupe qui a joué ce soir, je dirai qu'il nous a beaucoup épatés. On le connaissait rappeur mais ce soir, il nous a montré qu'il était également un excellent chanteur. C'est quelque chose dont il nous a longtemps privés.

Smarty pendant son spectacle d'hier soir

 

Irène TASSABEDO: Chorégraphe

Je trouve que c'est un artiste exceptionnel ! Je ne suis pas étonnée qu'il chante seul car s'il peut chanter en DUO, c'est qu'il peut chanter seul aussi. Dès le départ d'ailleurs, il a montré ce dont il  était capable. C'est vrai qu'ils ont toujours chanté à deux mais on savait bien que chacun pouvait faire son chemin tout seul. Je l'encourage à continuer dans sa démarche parce qu'il a du charisme et beaucoup de capacités.

 

 

 

 

WENDY : Artiste musicienne

Je vais apprécier le spectacle dans son ensemble. Ce soir, c'est un peu spécial. J'ai trouvé quelque chose de particulier notamment, la diversité. En ce qui concerne spécifiquement SMARTY parce que c'est lui que je connais bien parmi le groupe qui a joué ce soir, je dirai qu'il nous a beaucoup épatés. On le connaissait rappeur mais ce soir, il nous a montré qu'il était également un excellent chanteur. C'est quelque chose dont il nous a longtemps privés.

Vous êtes une professionnelle de la musique, pensez-vous que SMARTY pourra désormais tenir seul la route, c'est-à-dire sans son compagnon ?
Je vais être prudente dans mes propos. Un adage dit que " si à seul, on peut bien faire, à deux ou trois, on peut mieux faire ". Mais à défaut, chacun de nous doit pouvoir se préparer à chanter seul parce que dans la vie, les surprises ne manquent pas. C'est regrettable que les choses se soient passé ainsi car à chaque fois qu'on verra SMARTY, on pensera forcément à MANDOHE et vice versa. Pour tout vous dire, je suis déçue de ne pouvoir les retrouver ensemble ce soir, mais je ne suis pas déçue de que j'ai vu comme prestation ce soir. Bien au contraire, SMARTY nous émerveillé. Bravo à lui !

 

Augusta PALINFO : Artiste comédienne, promotrice du Festival du Rire et de l'Humour de Ouagadougou C'est un FESTIVAL qui va bientôt se tenir du 5 au 8 avril 2012. Je suis venue avec des amies pour supporter l'artiste SMARTY  avec qui j'ai collaboré au cinéma. J'avoue que je suis venue en retard. Mais le peu que j'ai pu voir est formidable; très sincèrement, c'était bien. Je lui tire mon chapeau. Evidemment, je crois qu'il peut tenir le coup parce que j'ai senti qu'il a de la volonté. Il avait des talents que lui –même  ignorait. Certainement qu'il ne croyait pas trop à ses talents que je dirai cachés. Ce soir, l'occasion lui a été donné de les révélés au public et je sais qu'il pourra !

 

 

 

 

SMOCKEY : Artiste musicien, Directeur du Studio ABAZON

Un artiste se remet toujours en cause. Les artistes sont permanemment à la recherche de créativité. Comme tout créateur, les artistes instaurent un genre et les autres suivent ou ne suivent pas !

Vous pensez que c'est la renaissance ce soir ?
Ecoutez ! C'est donc difficile pour moi de me mettre à la place du public. Cependant, j'apprécie le talent créatif dont il a fait preuve ce soir. La seule angoisse pour moi c'est de savoir si son public va accepter ce nouveau registre qui est totalement différent du premier. SMARTY est un artiste très talentueux et j'espère qu'il sera compris de son public

Quel commentaire faites-vous de cette bandérole sur laquelle est écrit " nous aimons notre SMARTY" ? Est-ce une manière de dire que la scission est vraiment consommée ?
C'est un vieux débat qui me prend un peu la tête parce que les gens aiment se masturber intellectuellement. Les groupes se forment et se cassent tout comme les couples. J'ai ouïe dire qu'en France plus de 50% de mariage finissent  au divorce. Les gens ne sont pas obligés de s'entendre. Les gens sont ensemble un temps. S'ils tiennent deux ans, c'est bon; dix ans,  c'est très bien !, vingt ans, c'est parfait ! Beyoncé a quitté son groupe, mais ça ne l'a pas empêché de cartonné. Une séparation de groupe n'est donc pas une fatalité, ! C'est vrai que ça fait vendre du papier, bref … c'est la "télé NOVELA du moment". Mais je souhaite que l'histoire du groupe "YELEEN" puisse servir et qu'il nous apporte beaucoup d'enseignements aussi bien pour les artistes que le consommateur. Donc, on n'a pas besoin de savoir si Grand-mère est encore amie avec le chat; ce qui est important, c'est que le chat puisse avoir sa gamelle et que la Grande-mère puisse suivre sa série télévisée.

 

Evariste COMBARY : Grand reporter culturel
Si je dis que je ne suis pas surpris ce soir, d'aucuns pourront croire que c'est de la prétention. Smarty est un garçon qui a du potentiel. J'avais quand même de petites craintes dans la mesure où on était habitué à voir MANDHOE et SMARTY ensemble. Le public ne s'imaginait pas à le voir seul sur scène. Heureusement, il a su évolué dans un registre qui n'est pas propre au "YELEEN". Ce soir, nous avons vu un nouveau SMARTY qui a navigué un peu sur le REGGAE, le RAPP et la musique traditionnelle. Vous avez vu qu'il a su exploité le KUNDE; ce qui veut dire que c'est un nouveau style que nous découvrons avec SMARTY. Comme il l'a dit, c'est un échantillon qu'il nous a livré ce soir.
Je crois qu'il faut oublier le groupe " YELEEN" et appréciez plutôt SMARTY. Quand vous l'écoutez, vous sentez que c'est un artiste complet, propre dans les textes et dans la composition rythmique. En plus, il a su tenir en haleine son public. SMARTY, si vous le voulez, c'est un nouveau départ, une renaissance.

 

Quelques images de la soirée

     
     

 

Extrait vidéos

 

 

 

 

 

 

 

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